samedi 28 décembre 2013

@Pika : kestufé à Rio ?

Hello à tous,

Sur pression de mon vénérable grand oncle, mais aussi interrogations de mes parents (dont ma mère qui pense que je suis encore étudiant et se fait un sang d'encre pour mes sous :-), je vais tenter de décrire ce que je fais ici à Rio de Janeiro, grâce à qui et comment nous vînmes dans la Cidade maravilhosa et devinrent Carioca d’adoption.

Je suis quoi ici ?


Je suis ici post-doctorant. C'est comme au Canada une position temporaire (de 6 mois à 3 ans) pour laquelle on est payé (grâce à une bourse et non un poste de financement régulier) à faire de la recherche (surtout) et de l'enseignement (un peu), après la thèse. Cette position permet souvent de découvrir la recherche à l'international, la brassage des jeunes chercheurs, de sélectionner un peu ceux qui sont aptes à continuer pour beaucoup plus longtemps. Elle permet au jeune chercheur d'apprendre encore sous la supervision d'un chercheur senior, de multiplier ses contributions et enrichir son CV avant de chercher ce qu'on appelle une "tenure position", un poste définitif (maître de conférence, chercheur en institut et professeur des universités).

Ici j'ai été embauché comme post-doc pour un an par l'IMPA (INSTITUTO NACIONAL DE MATEMÁTICA PURA E APLICADA), le plus grand institut de mathématiques d'Amérique du Sud, et le plus réputé. Ma position a été financée par des fonds levés par PETROBRAS pour l'optimisation et le risque financier. Mon superviseur Jorge Zubelli dirige un laboratoire d'analyse appliquée et dirige ce projet de finance et de gestion optimale pour le pétrole à l'IMPA.

Il faut comprendre que les projets de recherche personnels n'ont pas de dates fixes a priori. Ils commencent librement, se concrétisent parfois et aboutissent en fonction des objectifs qu'on se fixe au début et qu'on modifie au fur et à mesure des difficultés. Ainsi comme je continue là mon post-doc commencé au Canada, je travaille en grande majorité sur des problèmes commencés en Amérique du Nord : ceci en collaboration avec des Torontois. Mes projets de recherche sont donc non pas liés au Pétrole en ce moment, mais plus à ce que j'ai fait l'année dernière, c'est à dire la macroéconomie post-keynesienne.

Sur quoi ça porte?

 

J'ai plusieurs projets de recherche. Là j'essaie pragmatiquement de mettre en forme le dernier chapitre de ma thèse afin d'en faire une contribution pour un livre sur le risque en finance de l'énergie. 
J'ai aussi un projet de plusieurs articles en route avec un chercheur canadien sur les modélisations dynamiques de la macroéconomie post-keynesienne. L'objectif est de proposer des modèles similaires en biologie des population et d'analyser leurs propriétés d'équilibre afin d'illustrer une économie capitaliste moderne, avec prix, secteur financier, dette, bulle, cycles, crise. De mon côté, j'ai récemment pris pour ambition de mettre dans ces modèles de l'énergie et du développement durable, des problématiques de ressources et d'environnement. On verra ça sur le long terme (1 à 2 ans).
J'ai une collaboration beaucoup plus mathématiques sur ce qu'on appelle l'arrêt optimal, qui est un type de problème d'optimisation. Ceci avec un jeune chercheur à Dublin et un autre au Canada. C'est plutôt un travail technique.

Et dans les faits?

 

Je cherche assez seul ici. Je reste toute la journée sur mon ordinateur, mais on s'envoie régulièrement nos travaux avec nos collaborateurs par mail. L'objectif étant de produire assez rapidement des articles avec un contenu fort et relativement autonome qui éclaire une question économique, mathématique, d'optimisation ou de comportement (rationnel).

Alors je me lève tous les matins, je vais à l'IMPA (15-20 minutes à pied), puis je regarde mes mails, je réponds, je lis quelques liens (news-recherche-info techniques et économiques), puis je fais ce pour quoi je suis payé. Cela passe par plusieurs tâches : 
  • réfléchir et écrire au brouillon : c'est la partie la plus intéressante. Comprendre comment formuler la question, y répondre, faire des preuves et vérifier des arguments (par soi ou par des livres), structurer le développement et les notations, ce qu'on va faire et ce qu'on va passer.
  • coder et simuler : je n'en fais pas beaucoup mais parfois il faut faire des graphes pour mieux illustrer un comportement. Il faut donc coder les maths, tout mettre dans l'ordi qui va faire sa tambouille et sortir des jolis graphes. C'est pas toujours simple mais les résultats à la hauteur des frustrations.
  • écrire et présenter : c'est une très longue partie, dans laquelle il faut être très propre, impeccable même mais on éprouve une certaine fierté une fois l'article fini! Il faut se relire 20 ou 30 fois, tout corriger, refaire les preuves avec soin, etc.
  • présenter en conférence : parfois on va parler de ce qu'on a fait et écouter le travail des autres à des conférences. Comme ça coûte de l'argent, le labo sélectionne avec attention ce qui vaut le coup ou pas. Mais une fois là bas, c'est assez cool, on échange avec des collègues, on discute, on boit, on rigole, on se fait des potes. On discute de collaborations futures.
  • échanger avec son labo : là pour le coup j'en fais peu, mais nous sommes une toute petite équipe en mathématiques financières. On échange au café, et on a parfois des idées pour les uns, pour les autres. Disons que ça évite le côté seul au monde qu'on ressent parfois.
  • donner des cours : bon ben ça tout le monde connait en tant qu'élève, et voit bien ce qu'est un prof... En revanche il faut aussi préparer le cours, pour lequel on ne peut pas compter uniquement sur ses souvenirs. Il faut être sûr de soi, courageux, concentré.

 

Conclusion

 

J'espère que ça permettra à certains d'imaginer un peu mieux ce que c'est qu'être mathématicien, qui en soi n'est pas différent en France qu'au Brésil. C'est un super boulot avec pleins d'aspects divers, sans pression directe, mais qui reste tout de même un métier très exigeant et qui n'autorise pas la faute étant donné le peu de reconnaissance que ce métier a en France par exemple. C'est dur d'y trouver sa place, mais une fois dedans, il y a beaucoup d'aspects ultra épanouissants intellectuellement et humains.

jeudi 26 décembre 2013

Confraternização de Natal SFB

Ola!
Tudo bem?

Le 18 décembre dernier, nous nous sommes rendus à Tingua, Nova Iguaçu, à 2h de Rio dans la Baixada Fluminense, afin de fêter Noël avec mes collègues de SFB (Solidariedade França-Brasil), l'ONG où je suis bénévole.
Dès la fin octobre, j'ai commencé à m'occuper de la campagne de Noël et me suis investie autant que possible afin d'organiser la livraison des cadeaux pour 435 enfants de la Baixada Fluminense. Ce fut une mission intéressante et très stimulante !
Nous avons donc passé une superbe journée entre churrasco (barbecue), billard, foot, piscine, karaoké, etc. C'était fort agréable de sortir de Rio pour profiter du calme et passer un bon moment avec mes collègues. Le site où nous étions était superbe : isolé dans la forêt, rempli d'animaux (dindons, poules, perruches, un beau toucan,...), avec piscine et tout ce qu'il faut pour s'amuser entre amis !

Un bref aperçu de la journée de confraternização de Natal :

lundi 23 décembre 2013

Noël carioca

Feliz Natal pra vocês!!

L'an passé nous fêtions Noël à Brooklyn, NY, cette année c'est à Rio de Janeiro, RJ.

Hormis le fait que nous n'avons pas l'impression que c'est Noël car il fait 30° et 90% d'humidité, nous avons pu célébrer l'arrivée du baby Djizuss avec nos potes français de Rio mais aussi Céline et Adèle qui sont venues nous rendre visite !!!
La majorité de nos potes carioca sont partis de Rio pour les fêtes !

Nous avons réveillonné chez Marie, Benoît et leurs deux filles et nous avons déjeuné chez Anne, Robin et leur fille Alma. Nous avons bien mangé, bien bu. Merci Adèle de nous avoir apporté du foie gras, du comté, de roquefort et du vin !

Assez parlé, voyons ce que ça donne un Noël à Rio :

5 jours à Buzios

Ola!
Tudo bem?!

Du 29 novembre au 5 décembre, nous avons eu la chance d'aller passer 5 jours à Buzios, le St Trop de Rio. C'est à 3-4h de voiture (suivant les bouchons) au nord-est de Rio. Adrien s'y rendait pour une conférence de maths fi traitant de la "research in option" (pas besoin de développer, on sait tous de quoi il s'agit). Pendant qu'Adrien suivait les conférences, travaillait avec Matheus et d'autres, je profitais des commodités de l'hôtel et de la plage. Entre spa, jacuzzi, yoga, plage, lecture, autant vous dire que j'ai été très stressée !

Rachel, Valérie et Anaïs, nos 1ères visitrices, nous ont rejoint à Buzios pour 2 jours avant de continuer leur voyage dans l'état de Rio. J'ai pu bien profiter de le venue ainsi !

C'était un séjour fort agréable. Sortir du tumulte incessant et infernal de Rio, ça nous a fait grand bien. En revanche, Buzios est un peu trop St Trop : bling-bling, plages plus très sauvages car bondées, prix élevés, trop tourisme de masse à notre goût. Buzios était un ancien village de pêcheurs et maintenant il y a un Pacha, des boutiques, des hôtels et des restau partout ...

Voici un petit échantillon de photos pour vous montrer un peu ce à quoi ressemblait nos petites vacances de printemps.

mardi 12 novembre 2013

Concert CéU

Oi! Tudo bom?

Le 8 novembre dernier, nous sommes allés admirer CéU, chanteuse et compositrice brésilienne, au Circo Voador. Situé dans le quartier de Lapa en-dessous des arcades, le Circo Voador est un lieu de concert carioca réputé. La scène est couverte par un chapiteau et le reste (les stands bar - nourriture) sont en plein air. Nous avons vraiment été séduits par cette salle de concert peu commune. CéU était fabuleuse, enchanteresse, très sensuelle. Nous avons passé une excellente soirée. CéU, te adoro!


lundi 11 novembre 2013

Notre quartier - Jardim Botânico

Ola! Tudo bom?

Il est temps de rentrer dans les détails. Commençons avec le quartier merveilleux que nous avons la chance d'habiter : Jardim Botânico. Encastré entre le jardin de botanique de Rio et la forêt de Tijuca au-dessus de Lagoa (le lagon-égouts carioca) dans la zone sud, ce quartier chic carioca est idéal en termes de nature, de sécurité et de sommeil.Ô sweet Djaizeusse on dort comme des baigneurs, on se croirait à la campagne. La nature, déjà très présente dans la ville, l'est tout particulièrement à Jardim Botânico. 

Le matin, le réveil est bercé par le chant des oiseaux, les cris des ouistitis, les petits et gros papillons, les rayons de soleil à travers les palmiers et autres arbres tropicaux. L'après-midi reste fraîche grâce à la forêt et on peut aller se promener dans les galeries d'art super-bobo. Le soir, il est possible d'aller se détendre autour d'un verre rue Pacheco Leao dans les bars hypsters et huppés qu'on ne peut pas trop se permettre. Ensuite les soirs de week-end, nos voisins organisent de superbes soirées au bord de leurs belles piscines avec DJ ou groupe live, on attend encore nos cartons d'invitations.

Quelques petits inconvénients inhérents à cette wild life et au micro-climat de JB : le taux d'humidité particulièrement élevé qui nous a valu une infection de moisissure et les insectes (moustiques, fourmis, cafards, moucherons).

Jardim Botânico est donc un quartier où il fait bon vivre : à 15 min de vélo de la plage d'Ipanema, juste en-dessous du Christ Rédempteur, de belles maisons, peu d'immeubles, calme, paisible, riche en nature. Nous avons la chance de vivre dans une maison avec nos propriétaires, des personnes très gentilles.
Nous sommes ravis d'avoir l'opportunité de vivre dans un tel cadre !


mercredi 23 octobre 2013

Nos débuts à Rio de Janeiro

Salut les zouzous !

Nous vous présentons nos plus plates excuses quant au délai de publication sur notre nouvelle expérience carioca. Nous avons eu l'occasion d'expérimenter très (trop ?) rapidement le milieu hospitalier brésilien. Pour ceux qui ne sont pas au fait, Adrien fut victime, après deux semaines à Rio, d'une méningite virale bénigne. Je vous passe les détails sur les galères pour communiquer avec le personnel hospitalier parlant pour la plupart uniquement portugais (sooo classic!). Adrien a bien été pris en charge et après une semaine de vacs au Club Med du 3ème âge, il a pu rentrer à la maison rétabli et retourner à ses activités mathématiques. 

Adrien est bien installé, l'IMPA (Instituto de Matematicas Puras e Aplicadas) où il travaille est à 20min à pied de chez nous et il s'agit là d'un cadre de travail exceptionnel : niché dans la forêt de Tijuca, avec une vue sur les montagnes environnantes, des ouistitis (appelés "mico" ici) et autres singes comme coloc' qui viennent dérober le déjeuner de ceux qui vont manger en terrasse, c'est un institut de recherche dans la jungle en somme.

Notre quartier est supeeeeerrrrrrrr cool ! Il est très sécurisé avec un gardien tous les 50 mètres nuit et jour. Il est placé entre le jardin botanique de Rio et la forêt de Tijuca (plus grande forêt urbaine du monde). Depuis notre rue, nous avons une belle vue sur le Christ Rédempteur (une des sept merveilles du monde). Oui, je sais, je parle comme un guide touristique. C'est d'ailleurs que je vais peut-être devenir en aidant une copine à faire visiter Rocinha (plus grosse favela de la zone sud de Rio) à des touristes français et anglophones.

Grossièrement, Rio est divisé entre la zone sud et la zone nord :
- la "zona sul" : jolie, plages, tourisme, les clubs, les grosses villas, zone sécurisée, la FIFA 2014et le stade Maracana, les JO 2016, quelques favelas dont Rocinha,
- la "zona norte" ou la "baixada fluminense" : l'envers du décor, ce qu'on cache dans les reportages sur TF1, la pauvreté, les favelas, les vraies, pas les toutes mignonnes pour gringo de la zone sud, l'analphabétisme, l'insalubrité et j'en passe. J'ai eu l'occasion de m'y rendre une fois pour un cours de français à des ados de Nova Iguaçu car je fais maintenant partie de l'assoc' SFB (Solidariedade França-Brasil), ONG qui promeut l'éducation et aide les centres communautaires de la baixada fluminense.

Au Brésil, on se sent un peu partagé entre l'envie de profiter de cette expérience et une sorte de culpabilité à être riche quand on sait que 3,5 millions d'enfants brésiliens ne sont pas scolarisés alors qu'ils devraient l'être. On va tenter de voir le quotidien des différentes sortes de brésilien : classe moyenne, classe aisée, classe défavorisée. On va essayer de connaître le Brésil, le vrai.
Il est très facile à Rio zone sud de vivre comme un expat' de base ou un brésilien de la haute et se mettre des œillères pour ne pas voir la misère : prendre tout le temps le taxi, sortir dans les endroits huppés, etc...

Voici un bref aperçu de notre nouvelle vie carioca :

 

dimanche 20 octobre 2013

WE @ Algonquin Park, Canoe Camp

Salut à tous,

On a fait un bon break de blog ces derniers temps, un peu débordés par la routine et les évènements... Mais on s'y remet, promis !

Avant de vous narrer nos péripéties brésiliennes, on va tenter de rester cohérents chronologiquement et vous présenter le dernier épisode de notre aventure canadienne. Il s'agit de finir en beauté avec le dernier week-end qu'Armo & Moi avons partagé sur le sol nord-américain. Nous sommes partis avec une bonne part des amis de Toronto à Algonquin Park pour un week-end de trois jours (Canada day). Algonquin Park? Mais siiiiii, on vous en a déjà parlé ici, un week-end d'excursions enneigées dans un parc naturel. Cette fois, c'est l'été, il fait beau, et on va camper ! Mieux, on va canoe-camper !!!

Le canoe-camp, arrivée


Il faut 4 ou 5 heures de routes pour arriver sur le lieu de départ, au bord de l'eau. On est parti le samedi matin, sans quelques difficultés liées à des histoires de permis et de location de voiture... Bwef, à 3 voitures, on arrive à la location de canoës sur les rives du lac Opeongo, parés pour un week-end de canoe-camp. Qu'est ce que le canoe-camp? Voyez la vidéo de rêve ici... Sauf qu'à notre arrivée, le temps menace, il fait gris et on essuie une grosse pluie sur notre départ. Par chance, Armo & moi avons mis nos sacs de camping dans de gros sacs poubelle, mais d'autres n'ont pas eu ce réflexe et ont terminé la soirée à étendre du linge mouillé.

Comment ça se passe? Et bien à deux ou trois par canoë, avec les sacs bien répartis pour le poids, nous explorons le grand lac calme. Ses rebords surtout, pour détecter les petits signaux qui désignent les emplacements autorisés de camping. Chaque emplacement est éloigné des autres par une distance certaine, donne droit au campement d'un nombre limité (mais outrepassé par notre bonne équipe de franchouiards tricheurs) de campeurs. Une fois l'emplacement trouvé, on s'installe, on prépare un feu, le repas, des bancs, du bois à couper... Toute une organisation. Mais c'est l'éclate.

Des moments magiques


On a vraiment passé un super moment. Armo qui se viande dans la flotte à l'arrivée d'une course de canoë, moi qui nage nu dans une eau pure, les bières clopes dans le canoë pour voir le soleil se coucher, en se posant dans le silence du milieu du lac. La nuit fut merveilleuse, sans lune, aux étoiles intenses. Les cuites nettoyées par le vent frais des nuits qui passait dans nos tentes. La beauté du paysage, l'impression d'être seul au monde. Et le foyer crépitant, centre de nos soirées ! Les saucisses grillées au feu de bois, les blagues et les histoires près du feu. Les marshmallows grillés. Les ballades en canoë n'ont pas été les plus sportives, et beaucoup font cela en vraie mode rando, avec portage, remontée du lac et des rivières. Pour nous, c'était plutôt ballade tranquillou, à deux, à plus, à écouter le doux mouvement des eaux avec la pagaie.

Ce week-end fut un moment mémorable et symbolique de notre expérience canadienne. Beaucoup de nature, de plaisirs simples, de franche camaraderie, de calme, de douceur, de découvertes. On s'est dit qu'on reviendrait vraiment ici avec nos enfants et nos labradors. L'expérience du camping ici est beaucoup plus intense qu'en France, et c'est le genre d'expérience qui te ressource, qu'on a envie de répéter régulièrement dans sa vie. Ça fait comme une boussole, ça roxe du chacal de l'espace.

vendredi 13 septembre 2013

Top/Flop Toronto - Idées à prendre ou à laisser

Après quelques mois passés à Toronto, nous dressons un court bilan au travers d'un top 10 et flop 10 de Toronto. Commençons par le flop pour terminer cet article sur une touche positive ! Et c'est parti !

FLOP 10 :
  1. Les canadiens : "gentils", n'anticipent pas, ne regardent pas autour d'eux, ne font pas attention, n'ont aucune conscience politique ou sociale, superficiels, manquent de recul et de culture, relativistes, ultra-libéraux, individualistes, préfèrent les chiens aux êtres humains, évitent les conflits, se marchent dessus, psychorigides. Les hommes sont un peu des tapettes. Les filles sont vulgaires.
  2. Transports en commun sous-développés et cher, corrélés à l'omniprésence de la voiture : on a déjà développé là dessus dans un précédent poste. A noter que les avions aussi sont super chers pour les vols intérieurs.
  3. Prix affichés hors-taxes dans les restaurants + magasins. Ça demande des calculs savants à chaque démarche d'achat. Certains objecterons que c'est un avantage, j'aimerai savoir lequel. C'est impossible de préparer sa monnaie en avance, et on ne sait pas exactement pour combien on en a. De toute façon on n'a pas le choix de payer ou pas les taxes alors comme personne ne fait le compte en fin de journée ou de mois de ce que l'état lui a "volé", ça ne sert à rien de le savoir. C'est vraiment un dédouanement du vendeur inutile : "NOUS, on veut vous faire le café à moins de 2$, mais VOUS paierez plus, à cause de PAS NOUS".
  4. Isolation des maisons : pas de volets, murs en brique ou bois ne dépassant pas 10 cm en moyenne = grosse consommation d'énergie pour se chauffer et se refroidir = cohérent avec un prix du Kwh bas également du aux gigantesques sources d'énergie au Canada. En fait c'est plus généralement l'impression d'un pays un peu archaïque sur certains points, c'est étrange... Ils n'ont pas de mitigeurs d'eau comme nous, ils ne connaissent pas l'induction, ils n'ont pas la demi-chasse d'eau,...
  5. Le prix des télécommunications et internet : vous imaginez être sur-tarifé parce que vous appelez en Bretagne de Paris? Ben voilà, this is Canada.
  6. Long hiver (uniquement 3 mois d'été par an) : certains aiment le froid, et c'est vrai que l'hiver propose de magnifiques décors et de jouer avec la neige. Mais le froid, la nuit, ça a quelque chose de déprimant, c'est juste physiologique.
  7. Interdiction de boire dehors. C'est juste déraisonnable. Le Canada sera sans doute un des premiers pays à interdire de fumer dans la rue (en course contre la Suède, le Japon et tout autre pays qui fantasme l'ordre et la paix). Et puis le LCBO, seul endroit où acheter de l'alcool, ça a un côté soviétique. L'alcool n'est pas très bon en plus de tout ça...
  8. Pas facile de manger sain. C'est pas impossible, mais c'est drôlement cher, ça demande de tout faire soi-même, de connaître les boutiques, et pas qu'une seule...
  9. Frais médicaux élevés. Bon ben c'est mieux que les USA, il y a la sécu, mais ça reste hors de prix pour des interventions spéciales, des spécialistes (gynécos). En plus ils te touchent pas, te regardent pas trop, sont procéduriers et pudiques. Le docteur est un business man qui te fournit une ordonnance, ou te dirige vers un spécialiste.
  10. La night-life. Tout ferme à 2h. Si tu ne connais pas le bar clandestin malade ouf, tu rentres chez toi un peu déçu, alors qu'il fait encore très chaud, que t'as la patate, ton vélo, l'envie de voir du monde, mais non, tu te la mets sur l'oreille...

TOP 10 :
  1. Les canadiens : gentils, sympathiques, de bonne humeur, serviables, polis, amusants, sociables, sens de la famille, confiants. Pas machistes. Sont ouverts à beaucoup de chose (du moment que vous respectez les règles du jeu capitalistse), honnêtes. Il y a beaucoup de choses contradictoires avec le flop, mais c'est comme ça, c'est un tout, l'humain va au delà des contradictions locales.
  2. Diamond Lane : il s'agit d'une voie rapide sur les autoroutes réservée aux véhicules privés contenant au moins 2 personnes (pour favoriser le co-voiturage) et aux bus.
  3. La pharmacie à la pilule près : respect de la prescription, pas de gâchis, recyclage des boîtes de médicaments, économie pour la sécurité sociale.
  4. Change arrondi au 5 cents le plus proche, on ne s'embête plus avec des pièces rouges de 1 et 2 cents.
  5. La sécurité : le Canada c'est SAFE !!! Le pays des bisounours (vs. Braziou...). En fait j'ai émis l'hypothèse qu'il y avait un seuil de sentiment de confiance qui produit une transition de phase, avec deux équilibres. Certaines sociétés développent un climat de défiance, les gens se regardent en coin, ont peur, construisent donc une société surveillée, protégée, qui donne donc un sentiment de dangerosité (cercle vicieux). D'autres sont si pacifiées qu'on s'y sent bien, qu'on créé un climat de confiance, que les gens ne supposent pas à priori que le monde veut les flouer (cercle vertueux). Le Canada est un des rares, peut être le seul pays de ce type. Et cela fait un bien FOU.
  6. Le vélo !!! Place importante du vélo à Toronto, c'est très agréable de se déplacer à deux roues non-motorisés dans cette ville douce et paisible pendant les quelques mois d'été (et pendant les autres saisons pour les plus courageux). Et les bus ont des portes vélos à l'avant, c'est très pratique pour prendre son vélo pour aller un peu loin..
  7. La natuuuuuuuuuure ! Voir les postes sur nos escapades. Franchement, ça ne s'exporte pas un truc pareil, mais ça vaut vraiment le coup.
  8. Les bars avec patio ! Alors ça, ça compense une architecture bordélique et sans vision d'ensemble. Les immeubles bas autorisent de s'y poser, et boire une bière au soleil sur un toit, c'est vraiment top. Dans l'ensemble, tout est fait pour profiter de l'été et boire dehors.Mais pas dans la rue...
  9. Les quartiers cosmopolites. China-town, Korea-town, little Italy, little Portugal, little India,... Et non ! pas de French district! Le communautarisme est assez mal vu en France. Mais ici, c'est pacifié, chacun respecte son voisin (en fait il s'en carre), et donc on peut profiter d'une diversité culturelle (et gastronomique!) agréable.
  10. Professionnellement, ils donnent leur chance à tout le monde. C'est incroyable mais ça fonctionne : si t'es bon, tu montes très vite, tu gagnes en grade, en money. Si ça se passe mal tu retentes ailleurs. Mais au final ça te permet si tu y crois et que tu t'investis d'obtenir un poste qu'il faudrait attendre longtemps en France à cause de l'ancienneté. L'ancienneté est une bonne chose mais pas en soi, seulement pour certaines activités. La femme a aussi plus de respect : elle peut faire des enfants, avoir des congés maternité, ici il est peu probable qu'on vous en veuille pour ça.

Niagara Falls Ze kitchest place in Canada

On ne nous dit pas tout ! Avant de lire dans la matrice, nous croyions que les chutes du Niagara étaient à couper le souffle, à verser sa petite larme comme la mamie quand la fille de Sharon meurt dans les Feux de l'Amour. Bwef (blague raciste, check), on arrive de grand matin après une nuit dans le B&B de St Catharines, le parking à $20 nous montre déjà la dimension intégralement commerciale du tourisme à Niagara Falls. Que tous les gauchos qui veulent voir Paris dans 20 ans viennent à Niagara admirer la conversion d'un lieu unique et enchanteur (voire ne serait-ce que simplement respectable) en grande machine totalitaire du divertissement sans lendemain, grossière, laide et ringarde. A cela s'ajoute évidemment le saccage de la nature pour que des touristes chinois fassent de belles photos au sec (blague raciste N°2, check).

Soyons sérieux un instant. Les chutes du Niagara sont une merveille de la nature. Des millions de litres se déversent chaque seconde dans le lac Ontario dans un rugissement incessant. Elles fournissent en électricité une superficie grande comme la France (évidemment moins peuplée). La vue de ces millions de litres d'eau est vraiment impressionnante. On imagine le ressenti du premier explorateur qui, après des heures de marche dans une forêt dense de conifères, la rumeur sourde des chutes s'intensifiant minutes après minutes, s'est vu offrir un tel spectacle. On peut comprendre ceux qui à sa suite se sont installés au bord de l'eau, attirés par cette source inépuisable de fraîcheur, d'énergie, de beauté et de douce berceuse.
Ce qu'on comprend moins, c'est la précipitation et l'aveuglement des bâtisseurs qui ont suivi et ont érigé des monceaux de laideur plus lourds et violents les uns que les autres. Quel appât du gain, quelle cupidité a poussé les hommes à vouloir enlaidir de façon si intense et méthodique un lieu qui aurait attiré des visiteurs de toutes les cultures, toutes les planètes ? La réponse est simple, c'est la possibilité d'en attirer encore plus d'un genre unique, uniformisé, calme, docile et sans goût : le consommateur globalisé, le curieux en mal d'expérience, le touriste professionnel, le routard ne voulant rater l'incontournable (bwef, nous).



Alors maintenant, vous êtes prévenus. Si vous passez dans le coin, évitez de débourser du fric pour aller à Niagara. Soit disant, les machines à sous reversent une partie des gains à la préservation de l'environnement et des chutes. On apprécie le paradoxe. On vous oriente vers des coins plus calmes, plus jolis, plus respectueux et respectés, afin de vous respecter vous même également. On s'est senti mal, blousé, sali. Comme si on avait assisté à la construction en temps réel du casino, du cinéma 4D, du musée des stars en cire, du minigolf Jurassic Park, des burger kings, des bowlings, des vendeurs de t-shirts...
Le Canada, c'est aussi un cousin américain. Le fric, la rentabilité, le FUN, le vulgaire, font aussi partie de leur culture. Nul doute que beaucoup regrettent aujourd'hui que cette région soit défigurée, mais beaucoup encore y vont pour s'amuser, faire des bachelor parties, entre deux cessions de shopping à Buffalo (pour payer moins de taxes). Il y a donc encore un peu de chemin à faire pour déguiser les indignités du capitalisme sauvage par le spectacle rassurant du libéralisme soutenable et vert des bobos qui, par exemple, croient encore que Paris est une ville populaire . Non, certaines choses sont à effacer. Sur Niagara on voudrait fermer les yeux et se dire qu'elles ne font qu'alimenter nos batteries d'iphone.

lundi 29 juillet 2013

WE @ Niagara

Salut les gens! Bon comme vous voyez, j'ai des trucs à dire aujourd'hui. Et vous aurez remarqué aussi que nos grandes sorties de découverte du Canada se passent souvent le week end. Et oui! Les vacances, on les a passé à New York pour Noël et moi même (Pika) suis revenu en France pendant deux semaines en Juin. Et Armo repart en France bientôt pour vous, bande de petits veinards!

Le week-end du 14 Juillet, nous ne sommes pas resté dans nos lits douillets! Nous sommes parti dans la région de Niagara, au sud de l'Ontario, entre le lac Ontario au nord et le lac Erie au sud, et bordé par la frontière avec les états-unis. Ce week-end fut une bonne occasion d'aller enfin voir ensemble les chutes du Niagara. En effet J'y suis allé en 2010, mais en Janvier et tout était glacé, et Armonie est allé à Niagara de nuit pour passer la frontière et faire valider son visa. Donc à deux en été, nous fumes poussé par une invitation à un mariage dans la région de Niagara pour explorer cette région.

Samedi matin, 8h, on se lève! Le mariage est prévu pour 11h à une centaine de Km de là, à Vineland Estate, une propriété viticole. Je vais chercher la voiture de location pendant que Môdame se frisotte les cheveux... On passe par Hamilton chercher une amie invitée également. Et en route! Pour des raisons de vie privée, je ne mettrai pas de nom ni d'image sur ce mariage, mais pour résumer ce fut bien et court! A 15h, tout le monde était parti. Alors nous, voulant profiter de la région, ne faisons ni une ni deux, et sautons dans la voiture direction Sainte Catharines où, avec un autre couple (Bernardo et Veronika), allons à la plage de Lakeside park.

Il est 16h, et on discute du Brésil, on mange une glace, on traine, et puis on se sépare de l'autre couple qui repart vers Hamilton. Nous partons vers notre bed & breakfast à quelques minutes de là déposer nos affaires. S'ensuit un long périple à la recherche d'un restaurant dans Sainte Catharines. La ville semble hélas aussi transfigurée par les crises et les abandons de poste qu'Hamilton, voire plus. On décide donc de rouler jusqu'à Niagara on the Lake, ville touristique par excellence!

Il est 21h et on arrive à temps pour manger avec un soleil bas, après avoir parcouru l'unique rue animée de restaurants et de boutiques diverses. C'est charmant, et nous faisons une petite ballade digestive au bord du lac (Ontario).

On rentre à notre chambre se prélasser d'une journée bien remplie, le lit est gigantesque, la nuit est calme, le repos idéal. Le lendemain matin, vers 9h, nous prenons notre petit déjeuner servi par les propriétaires : un délice! Coupelle de fruits rouges au yaourt, jus d'orange frais, muffins banane-chocolat et bleuets, et omelette au fromage cuite à la perfection. Café fumant. Mais surtout, servi dans une petite aile en face du jardin, fenêtres ouvertes sur la verdure et le chant des oiseaux.
C'est quand même sympa... Et hop direction Niagara Falls, pour aller voir les chutes. Alors pour les chutes du Niagara, Armo va faire un post à part, parce que c'est assez particulier. Deux heures en tout là bas, et on décolle, direction... on sait pas trop, en fait on a qu'une vague idée. On atteint le Lac Erie en descendant au sud, on demande notre chemin. Et puis finalement nous y voilà! La plage!
C'est pas mal, un peu frais, mais sympa. On grille, on se détend, on se prend un hot-dog. Finalement, on repart après quelques heures à se prélasser. Là on se perd et on trouve un camp d'été de gamins, qui profite d'une base pour jeunes garçons militaires. Ils nous indiquent le chemin, et on repart direction Toronto. On passe par des jolis coins. Voilà, encore une région ontarienne explorée!



Soirée de départ

Etant donné qu'Armonie décolle pour Lyon le 8 Août, c'est à dire dans une semaine et demi, nous avons voulu organiser une soirée de départ le samedi 27 Juillet. Au départ prévue chez Anne-Claire et son super roof-patio, la soirée a été déplacée chez Victor et Caro pour cause de menace (mise à exécution) de pluie. Ceci a mis la puce à l'oreille à Armo qui avait proposé qu'on fasse la soirée chez nous, mais non, apparemment c'était pas possible, point. Surprise dans l'air donc...

Déjà petite photo de la préparation culinaire du vendredi soir, qui va donner le ton. 3h de taff pour assurer la pitance à 12 personnes.


Il a fallu aussi prévoir les déguisements! Car c'était soirée à thème : Canada Vs Brésil! Thème opportun et facile à mettre en place. En arrivant donc Samedi soir, on finit la déco qui met le ton. Puis on s'y met sans perdre de temps! Sangria blanche ou rouge, bière, et musique!


Et puis l'ambiance monte, et là ils veulent nous montrer une petite vidéo faite par un couple d'amis qui n'a pas pu se joindre à nous, Pauline et Luc, et on s'installe pour voir ça. Grosse surprise...


Wahou! Voilà un truc bien marrant! Attention le niveau est "explicit content" pour les futures vidéos de mariage, va falloir se surpasser les mecs la barre est très haute. On espère que vous apprécierez cette vidéo marque d'amitié qui surtout en dit pas mal sur notre couple, car ils sont assez peu à nous avoir vu ensemble régulièrement en France! On a donc bien affaire à un témoignage de valeur! Bref tout ça mérite une clope et des bonnes rigolades dehors (on ne fume pas souvent à l'intérieur au Canada). Mais voilà qu'on nous met dehors, enfin, dedans... Au bout de quelques minutes (à danser sur Nicolas Jaar, on vous fait bientôt un top 10 de nos ziks de cette année), une bande de musicos rentre dans l'appart! Ils sont plus nombreux que nous!!!! Ils s'installent au milieu du salon et commencent à jouer des rythmes endiablés, un peu à la Carolina Chocolate Drop):


Ensuite on est parti en club danser sans faire chier les voisins. Le London Tap House nous ouvre son patio (quelques minutes sans pluie) et ses shots dégueus! Vers 3h, After de retour chez Caro et Victor, et ensuite dodo parce qu'on est tous complètement bourré. En tout cas, un grand merci les amis pour cette soirée qui valait son pesant de cacahuètes grillées!

vendredi 19 juillet 2013

Une petite ballade dans Toronto

On quitte bientôt la ville reine du Canada (par sa taille) pour le Brésil, alors on se donne l'occasion de parler du Canada avant que cela ne soit qu'un lointain souvenir. Ici, on va vous ballader du côté de chez nous. On vous a montré la maison, et où nous sommes situés. Plus au centre, t'es dans le trou du cul de Dieu... Donc déjà pour commencer, tu t'habilles en bobo parce que Toronto c'est la ville bobo par excellence.
Donc en arrière plan, c'est notre maison, on habite dans le coin là, au rez de chaussée (eux disent 1st floor). Ce qui est intéressant, c'est la rue qui est derrière!
Ensuite tu admires non seulement les arbres, mais aussi les maisons, parce que faut dire ce qui est, leurs maisons ont certains défauts sur lesquels nous reviendront, mais sont aussi superbes et adaptées à la ville. A part les énormes baraques qui de toute façon supposent un espace large, leurs maisons toutes en longueur font rêver! Petite bow window pour accès de lumière, étroitesse pour avoir un petit jardin, mais pas trop grand non plus, hauteur pour accueillir une bonne grosse famille, et on peut les aligner et en mettre un tas les unes à côté des autres. En briques peintes de toutes les couleurs, cela donne des quartiers assez luxueux
Le soleil se couche, et sur ton chemin, calme et reposant, baigné dans la lumière de quelques lampadaires, tu marches jusqu'au prochain croisement. Et là, bam! tu arrives en centre ville! Oui, tu es en centre ville, tu l'avais complètement zappé. Voilà l'agrément possible qu'une ville peut offrir, pas comme Paris.

Un peu de Toronto et du Canada

Il est parfois difficile de mettre toutes nos découvertes, et notre façon de vivre ici, sous un thème particulier, et c'est vrai que des tas de petites choses passent et il faudrait vous en rendre un peu compte pour que vous puissiez partager notre quotidien, à 6000Km de distance. Alors dans ce post, je vais mettre un peu de tout. On peut s'attendre à ce qu'un détail qui ne me surprend plus vous interpelle, car c'est vrai, il y a quand même quelques différences avec la France, notre beau pays. Faisons ça en liste!
  • Ici par exemple, il y a des tirettes automatiques pour les voitures. On n'imagine pas ça en France avec des gamins chapardeurs ou des romanos dans le coin... Dans l'ensemble, ils utilisent un peu moins leurs cartes et plus les fameux ATM machines qu'on trouve dans les bars, les épiceries,... En plus ils distinguent les cartes de crédit et de débit. Une carte de crédit contracte un crédit pour chaque transaction et tu rembourses à la fin du mois. Bizarrement ce système est mieux accepté que le débit, qui retire l'argent de ton compte que tu as... Très absurde.
  • Ici le brunch du week-end est une institution. Des tas d'endroits sont très réputés et on peut faire la queue 30 minutes voire plus pour manger une omelette-bacon. Le brunch, c'est effectivement des oeufs, avec bacon ou saucisse, mais ça peut être un burger, une salade de fruit, du granola napé de yaourt
  • La ville a deux aspects. De loin et sur les cartes postales, vous verrez la CN tower, le financial district, les skyscrapers, et c'est vrai que la ressemblance avec New York est justifiée. C'est impressionant, ma foi, et si je n'étais pas si critique vis à vis de la modernité et de la soumission totalitaire aux excentricités sans imagination du système spectacularo-technicien, je trouverai ça joli: 
  
  • Le deuxième aspect, c'est celui des quartiers, beaucoup plus bas, souvent composés de maisons. Les rues sont bordées de grands arbres, les jardins assez bien entretenus. Les parcs sont grands, l'Université en centre ville est remplie de petits parcs et de jardins secrets. C'est assez agréable  vivre quotidiennement. La ville est beaucoup plus supportable que Paris. D'ailleurs on va vous le prouver dans notre prochain post!

Les p'tits cuistots, le retour

Le post sur la bouffe a été apparemment le plus apprécié, comme quoi le Canada tout le monde s'en fout. Alors en mangeant du gâteau à la fraise (parce qu'au boulot j'ai toujours de la bouffe qui traine), je m'en vais vous montrer quelque autres petites contributions de couple. On se rend compte avec Armo que cuisiner est notre vraie activité tranquille à deux, et on parle de nourriture assez souvent. ce post est donc aussi légitime sur notre vie au Canada. D'abord, un rapide mais alléchant album sur nos recettes récentes : les plats sont indiqués en légende!

Alors pour les recettes c'est assez facile, on trouve tout sur Marmiton. Au passage je conseille, trouvaille d'Archange, le site d'Hervé qui donne de très bonnes recettes, dont le risotto de printemps aux asperges.
Je continue avec une mention spéciale pour la dernière grosse recette en date, le Homard Thermidor! Alors les puristes de l'Escoffier n'appécieront pas que nous ayons flamber les homards à l'Armagnac à la toute fin, mais ça nous a bien plu! Pour info le homard thermidor est une recette inventée au Restaurant Maire à Paris en 1894, en hommage à une pièce de théâtre de Victorien Sardou. Le thermidor, (mois le plus chaud, entre Juillet et Août) c'est deux cuissons, une sauce crème à la moutarde (béchamel plus crème plus citron), quelques minutes de salamandre, et une manipulation délicate des ingrédients. On a prit un homard par personne, ici ça coûte environ 12$!
Et enfin, pour rendre hommage à Archange, et que vous voyiez bien qu'on s'amuse à faire la cuisine, voici un petit cours de galette bretonne, la reine de toute, la chèvre-miel! Sur ce, bon appétit les amis!

Les voitures

Continuons sur la lancée des aspects de la vie canadienne... avec une des clés de lecture de la société, un objet archétypal, une icone, un symbole : la caisse. Quelques faits et analyses:

  • Le canada c'est une surface d'un peu plus de 15 fois la France (exactement 15,593883434797140063783199592687109359138145914220654 fois la France), avec à l'heure actuelle deux fois moins de personnes. C'est donc grand, c'est neuf, les routes sont droites, les villes espacées. Les notions de distance ne sont pas les mêmes. On n'hésite pas à faire Toronto Montréal pour le week end, même si c'est 13h de route Aller Retour.
  • C'est du pétrole pas bien cher. Il est à environ deux fois moins cher. Ayant des voitures aussi japonaises modernes qui consomment peu,... non en fait ils s'en foutent, ils consomment du gazou à tire larigot.
  • Le Canada c'est un peu les USA, et la voiture est un élément important de la vie : la réussite sociale se reflète en elle, c'est le symbole de la liberté, c'est un droit de l'homme que d'avoir une bagnole.
  • Le Canada fait beaucoup dans les travaux : construction, nature. N'oublions pas qu'historiquement c'est un peuple de bûcherons et de tacherons. Il y fait aussi très froid et il faut donc des véhicules costaud, 4x4 pour la neige. Donc on trouve ici énormément de gros pick ups de la taille d'une fourgonette de gitan.
Bref, ici t'as pas de bagnole t'en chie, comme Armo pour aller au taff. Le pays est tellement centré là dessus que les transports publics sont hyper nazes (peu d'incitation), toutes les routes sont accessibles aux voitures (sauf 1 ou 2 rues vaguement piétonnes), qu'en vélo tu manques de te faire écraser toutes les 10 minutes. La location est pas chère. MAIS, il faut avouer qu'ils ont la fibre manuelle et que parfois ils ont des véhicules de collection qui valent le coup! Et puis quelques Lamborghini et Ferrari. Même si je suis pas un grand fan de voitures, j'ai pris quelques petits clichés pour vous montrer un peu ce qu'on peut trouver ici.



Les graffitis

Un petit post thématique pour montrer un peu qu'ici le graffiti n'est pas comme à Paris. Petite dédicace à Jnef, amateur de ces peintures là. L'album photo regroupe des prises de vue de Toronto, Hamilton et Montréal. Et on en a raté plein. Le graffiti est très répandu, de même qu'un art de rue généralisé (affiches, photos géantes, sculptures, panneaux, autocollants). Les choses sont assez différentes de notre banlieue parisienne : ici on lèche le style et la couleur, on prend son temps. Pas de vandale, juste du pur gros blaz, ou des scènes graphiques. Même si le graffiti est violemment réprimé (et on déconne pas avec la loi ici on vous l'a dit), certains sont évidemment tolérés par la qualité des grafs, leur taille, et on se demande même s'ils ne sont pas commandés. Il faut aussi comprendre que la ville est faite de bâtiments sans classe, en brique rouge, et espacés les uns des autres, ce qui autorise de nombreuses surfaces cachées ou vues, toujours au détour d'une rue, d'une artère secrète ou derrière un garage. En tout cas, c'est une bonne chose ici que le graffiti dans une ville sans réelle âme architecturale. Ça donne une touche hipster, freestyle, colorée, aussi bien en hiver qu'en été.

WE @ Montréal

By Armo

Arrivée vendredi 28 juin à 1h du mat' à Montréal (bah oui c'est quand même 7h de route depuis Toronto). Alors que nous pinaillions à nous garer à côté de l'auberge de jeunesse-en-mode-dortoirs-sale-backpackers-pas-chère-$20-la-nuit car on ne connait pas la régulation montréalaise en terme de stationnement, trois jeunes (2 québécois, 1 français-France) s'approchent et nous demandent en anglais (car voiture de location avec plaque d'Ontario, wesh représente) s'ils peuvent nous aider. Nous leur répondons que nous sommes français, ils adorent le concept et nous proposent de les suivre danser dans un bar. Nous acceptons allègrement et les suivons ! En fin de soirée, ils nous proposent de faire l'apéro chez eux le lendemain (L’APÉRO quoi !!!!!!!!!!!! Ça n'existe pas à Toronto, sauf avec nos bons amis ivrognes français).

Samedi 29 juin, brunch à la Binerie où nous rejoignons Julie (Julie: n.f. amie de lycée que je n'avais pas vu depuis 5 ans, oh la honte !). Il s'agit d'une adresse bien connue à Montréal pour leur spécialité : les flageolets au lard (bacon beans). C'était très riche et fort bon. Nous décidons alors de faire une ballade digestive sur le Mont Royal avec vue imprenable sur la ville et le Saint Laurent. Nous discutons du temps du lycée, de nos soirée à l'Arc-en-Ciel (version un samedi en province). No comment please. Un après-midi montréalais fort agréable.

18h : en route pour l'apéro chez nos nouveaux copains québécois à base de Ricard, de Belle gueule (bière locale) et discussions animées sur les évènements récents au Québec (corruption, manifestation pour une université gratuite), sur à quel point le Québec n'a rien à voir avec le reste du Canada, la reine d'Angleterre qui n'a qu'à aller se faire mettre chez les Grecs, j'en passe des vertes et des pas mûres. Puis direction le festival de jazz. Nous nous posons sur l'herbe boire un verre. Rien ne se passe niveau concert ou des trucs très mous  Nous filons alors aux Foufounes Electriques boire une bière puis dans un autre bar rejoindre nos potes français. Et là c'est le drame. Un groupe toulousain joue de la musique enjouée. Julie et moi apprécions ce rythme entraînant et nous lançons dans une danse endiablée semi-voire-pas-du-tout synchronisée ! "C'est bein l'fun lô !" Ensuite s’enchaîne toujours de la danse mais en mode expérimentale et sans musique (le groupe buvait des bières) puis le harcèlement auprès de ce groupe (dont j'admire la patience), voyant qu'ils n'avaient pas envie de re-jouer, nous décidons alors de chanter afin de meubler et perpétuer une ambiance chaleureuse. Nous choisissons le célèbre titre "Fanchon". Après pas trop de détails... Après il parait que j'ai repris la fameuse chanson "hey I just met you and this  is crazy. Here's my number so call me maybe" (oui j'ai changé de nom au Canada, je m'appelle Maybe maintenant !!!).


Il est environ 4h du mat' et il fait faim. Allons manger le plat traditionnel ! De la poutsine (se prononce avec l'accent) !!! Nous nous orientons vers Poutineville pour un encas léger et bon pour la santé : la "crise cardiaque". Une poutsine de 15 livres remplie de tout ce que tu peux trouver dans le fond de frigo : frites, oignon, viande hâchée, bacon, italian sausage, champignons, peperonni, et j'en oublie. Si vous ne nous croyez pas, voici les photos du défi Heart Attack 2011 !!! Après ça, retour à l'auberge avec galette  dans un petit passage, et soleil levant.

By Adrien 

Lendemain 12h, plus calme, on se prépare direction des amis de Mika et Julie (des français à Toronto) qui organisent un barbecue chez eux, dans leur jolie maison, avec piscine! Youhou ça c'et cool, on mange des burgers fait maison, on discute en terrasse, on se tape du kouign-amann, on se prélasse avant l'apéro du soir.


17h : il faut se mettre en route pour les Piknik electronik, organisés à Montréal tous les dimanches soirs de l'été. Sur deux petites scènes s'ouvrent des stands de boisson/snack, le beau temps est de la partie, la population est festive. On remarque qu'ici, il y a beaucoup de punks genre punks à chien, à la française, et aussi une grosse population gay-lesbienne, très typée (fringues et attitudes hyper gay). La musique est bonne. L'ambiance nous plait, on décide de rester danser et boire jusqu'à l'épuisement. Cela se fera avec le coucher du soleil, la faim qui monte. On retourne alors chez nos accueillants amis finir les burgers. Nous rentrons épuisés et heureux. J'aime bien conduire la nuit quand tout le monde dort.


Lendemain, lundi 1er Juillet (Canada day, férié), on se lève pour aller bruncher avec Julie la copine d'Armo une dernière fois. C'est calme, il fait beau, on se remet de notre week end en douceur, sachant qu'il nous attend pas loin de 6h de route pour le retour. Vers 12h, on rejoint Caro et Victor, et on décolle, bye bye Montréal! La pluie tombe sur notre route retour, on est coincé en embouteillages pourris, et on arrive à la maison vers 7h30, facile. Le temps de rentrer cocooner.

jeudi 13 juin 2013

Woofstock

Le week-end passé nous avons l'opportunité d'aller nous promener à WOOFSTOCK !!! Ze festival des chiens de Toronto. Il faut garder en mémoire que les canadiens sont fans des chiens ! C'est leur animal préféré : la preuve en image ...

mardi 9 avril 2013

WE @ Bruce Peninsula

C'est pas parce qu'on est allé marcher sur des pistes entourées d'arbres enneigés dans un parc qu'on connaît le Canada! Il en faut bien plus. Alors certes, je vous ai fait découvrir Hamilton et sa art-crawl, Toronto, quoique je pourrai détailler plus. Mais je vais encore vous faire part d'un périple dans la nature! Cette fois, petit comité! Sebastian est venu de Paris pour passer quelques jours chez nous! Un vendredi férié de Pâques, et il n'en fallait pas plus pour s'organiser un week-end encore à quelques heures de voiture. Destination : la Bruce Peninsula.

La Bruce Peninsula est une péninsule dans le lac Huron, c'est à dire celui qui est à l'ouest du lac Ontario (et ouais, on connaît nos grands lacs maintenant ahahah!). C'est un endroit surtout sollicité l'été par des touristes de Toronto, car le lac Huron est reconnu pour ses plages magnifiques, avec une eau très claire de lagon. Il n'en fallait pas plus pour nous convaincre, malgré l'hiver qui traîne (et oui, toujours des températures négatives en avril!).

Nous sommes donc parti à 3, avec voiture de location, guest-house réservée pour deux nuits, pas de plan précis cette fois. La route fut agréable et la neige revenait progressivement à notre vue (celle-ci ayant définitivement quitté Toronto depuis deux semaines au moins). De grandes fermes comme dans Smallville longent une route parfaitement droite...

On arrive dans Lion's head, notre gite, vers midi. Très bien accueillis, nous recevons la bonne nouvelle de n'avoir personne d'autre dans la maison. Si nous devons utiliser exclusivement notre chambre, il reste que le salon avec 5.1 était à notre entière disposition. Ce fut génial!

On se ballade au bord de l'eau et effectivement :1) il fait pas très chaud encore ici 2) il n'y a personne ou presque 3) c'est magnifico-wonderful. Je vous laisse juger.


Après deux jours, 3 bonnes ballades, une soirée endiablée, un barbecue (le premier de l'année, youhou!!!), une virée au restaurant/catine du coin (fish & chips, ou foie de porc avec des frites hum!!), de la solitude et des couleurs de lagon, des traces de papates d'ours, on retourne à la (morne) civilisation de Toronto...

WE @ Algonquin

Salut à tous!

Bon ça fait un bout de temps qu'on n'a pas posté sur le blog. On est désolé et on n'a pas trop d'excuse : la vie est douce, on s'occupe certes bien, mais on se laisse guider par les jours qui ramènent de la douceur peu à peu.

Là, j'ai décidé de vous montrer qu'on ne fait pas rien non plus! On visite le Canada, et pas juste des coins à côté de Toronto! Nononononon, on prend la caisse, et on va visiter le TRUE CANADA, la nature sauvage, les caribous...

Un week-end, avec un vendredi férié, nous donne l'occasion de partir avec des amis dans un grand parc naturel, le parc d'Algonquin. C'est un parc naturel et protégé situé en Ontario, au nord de Toronto. Le parc a la particularité d'abriter entre ses arbres quelques milliers de lacs et d'étangs. L'été, les canadiens y vont faire du kayak, de la rando, se baigner dans les lacs, les chutes d'eau. L'hiver, c'est chiens de traîneaux, skidoo(=moto-neige), rando aussi, avec raquettes. C'est pour cette dernière activité qu'on s'est mis en route pour 3 heures, en régime de trois voitures, jeudi soir, avec une dizaine d'amis français.

Bien organisée, notre petite bande s'est réfugiée dans une guest-house assez grande, chaque couple sa chambre, une belle cuisine, et en dessous un bar avec salle pour danser avec un billard. Avec notre taille de groupe, on a littéralement envahit la maison! Bien organisés, certains ont fait les courses le lendemain matin, et on s'est fait des tambouilles, hum! Il faut manger quand on fait de la rando par -15°C!

La rando, c'était super! Il faut d'abord être super bien équipé, pas forcément des raquettes qui furent accessoires, mais un bon manteau, un bonnet, un cache nez, des gros gants, des chaussettes épaisses  (mais pas trop, pour pas écraser le pied qui se congèle sinon). Des bâtons, c'est cool aussi, ça évite de se gauffre comme une m....
Mais des images valent mieux qu'un long discours, voici trois vidéos de rando qui donnent le "spirit" de la ballade dans les vents frais, les pins, les lacs gelés, le CANADA X-TRA COLD SUPER NATURE!!!!! C'est beau et à faire au moins une fois...



En extra, les photos du Week end avec nos amis (Adrien, Caroline, Victor, Michael, Julie, Karim, Emilie, Pauline, Anne-Claire). Ambiance chaleureuse...

lundi 18 février 2013

Toronto Raptors vs. Boston Celtics

2013.02.07, Toronto, ON

We enjoyed the great opportunity during my friend's (Kiran) venue in Toronto to go to a NBA game:  Raptors vs. Celtics.

We went to the Air Canada Centre (here all the sport/convention centres are sponsored by companies: Air Canada, Rogers, Metro,...). The NBA is about entertainment. The stadium is huge and crowded. The atmosphere is lively. The music never stops. At every game stop, there is a show and more music! I felt more like going to a party than a sport game. Sometimes, I did not even realize the game was playing again due to the music, the ambience around!

It was a real north-American experience. Next step: hockey game!

Armo

samedi 9 février 2013

Pourquoi il faut regarder Trailer Park Boys

Salut à tous, bloggeurs trainards du week end, et amateurs de séries! Aujourd'hui, pendant qu'Armo se fait une après midi fille, que le soleil fait fondre la neige et que les canadiens courent à leurs affaires, je vais vous parler de Trailer Park Boys, la série canadienne qu'il faut absolument voir, et ceci pour quelques raisons bien senties! Je sais que je conseille beaucoup de séries, parfois pas toujours bonnes, mais qui a proposer de voir Lost? Qui s'est entiché de The Walking Deads dès le premier épisode? Faites moi confiance, ça promet! Je vous la fait Nioutaik, en 6 bonnes raisons de regarder cette perle.

1) Parce que Trailer Park Boys, c'est court




Trailer Park Boys, c'est une série canadienne tirée d'une tentative de film en 1999, qui commence en 2001 et se termine après 6 saisons. C'est long 6 saisons me direz vous.. Que neni! A l'instar de the IT Crowd, Trailer Park Boys est une série à petit budget qui a donc fait ses tentatives modestement, avec d'abord 6 épisodes pour les deux premières saisons puis 8 épisodes par saison. C'est donc très court et calmera vos parents qui vous reverrons revenir vers eux plus vite qu'après avoir vu tout 24 (24, c'est 8 saisons de 24 épisodes de 40 minutes, soit 128 heures de Jack Bauer sans recharger la batterie de portable). Vous aurez les yeux rouges, mais mouillés de larmes. Parce que TPB, c'est drôle.

2) Rickie, Julian and Bubbles...



TPB, c'est une série très drôle. C'est l'histoire de deux potes d'enfance Ricky et Julian qui sortent de prison pour un méfait complètement ridicule, qui fument des joints et boivent à longueur de journée. Ils sont suivis par une équipe de tournage pour un documentaire à leur sortie de prison et leur retour à Sunnyvale Trailer Park, un lotissement de bungalows près de Dartmouth en Nouvelle Ecosse. C'est pire qu'un trou perdu, c'est le fin fond des toilettes de l'Amérique du Nord. Les deux compères, l'un plus idiot que l'autre, sont les truands du coin, et doivent reprendre leurs repères à leur réinsertion dans cette société complètement déjantée. Les deux acolytes sont souvent en compagnie de Bubbles, personnage fascinant qui est très attaché à nos deux gangsters de Walmart.
Les deux personnages arrivent à tenir de bout en bout la série sans nous lasser. Complètement cons, mais tellement drôles, ils représentent la quintessence d'une beaufitude pleine de gentillesse, d'ambition ratée et de défauts incorrigibles. On suit donc leurs tentatives pour monter une entreprise, lors d'un mariage, de la réparation de leurs voitures,...

3) et les autres....




Si nos trois compères vivent bien sûr entourés dans Trailer Park de gros loosers comme eux, et chacun aura son préféré : Jim Lahey, l'ex-flic alcoolique, Randy son assistant gras, Lucy la compagne de Ricky, T and J-Roc,... Chacun a son petit truc, et vous allez vite comprendre. On commence par remarquer naturellement que Randy n'a jamais de chemise, et va se ballader dans la série torse poil du début à la fin. On entendra les glaçons du verre de Julian, et vous aurez une petite envie de vous servir un whisky coke. Ricky et ses clopes, Lucy pareil... Et vous vous rendrez compte que ce petit monde a une structure propre super solide, ponctuée d'habitudes, que Trailer Park, c'est un vrai monde parfaitement cohérent, qu'on rentre dans un univers très bien construit, un monde qu'aucun des personnage n'envisage de quitter.

4) Trailer Park, critique sociale


Trailer Park vous vend le rêve américain mais...

La réalisation de TPB n'est pas originale, même si la série donne une impression de nouveauté. Le côté caméra embarqué peut faire penser à d'autres séries, mais c'est surtout à "C'est arrivé près de chez vous" qu'on pense en premier. L'équipe de tournage va d'ailleurs très discrètement faire partie du cast et avoir son importance dans la façon de voir ce petit monde. On a donc affaire à un faux documentaire satirique, et le sujet, c'est confession intime, c'est un docu animalier sur des humains.
Sauf qu'ici, les choses se font à l'échelle. Trailer Park, c'est quelques bicoques de bois plantées en pleine nature, là où rien n'est fait, mais où on fume de l'herbe, les guns circulent, chacun a son gros 4x4, on boit beaucoup, on s'offre des bijoux en toc total, la seule fenêtre sur le monde connecté, c'est une télé qu'on ne voit vraiment jamais, mais qui occupe tous ceux qui ne sont pas dehors à faire des conneries.
De quoi Trailer Park est il le nom? Il est le nom d'un mode de vie, capitaliste, mais isolé, installé mais arrêté, colonisé mais abandonné. C'est l'autre nom des oubliés, des gens qui vivent loin, qui n'ont pas leur voix à la prétendue démocratie mondiale, mais qui subissent les mêmes pluies radioactives, les mêmes crises financières, qui boivent pour oublier qu'on les a oublié, qui fument pour passer le temps, qui cherchent à s'occuper et vivre coute que coute. C'est l'armée de réserve qu'on laisse pourrir, et qui reste dans son coin, en regardant les trains passer...

5) Trailer Park, c'est un phénomène.

Même si ça a quelques années, TPB est un véritable phénomène au Canada, et les canadiens connaissent très bien. Les américains découvrent. La culture canadienne vient évidemment plus difficilement à Ne York que l'inverse. Trailer Park, c'est inconnu en France, mais ça pourrait très bien être la nouvelle coqueluche d'une chaine câblée qui croit un peu en un projet original et cool. Vous les parigos hypes, vous les chercheurs de pépite, en voilà une!

vendredi 8 février 2013

Astrolab + ATCR @ AGO

Sous ce nom bizarre se cache une soirée tout autant chelou. Celle d'hier.

Une soirée à la fac


J'ai proposé à quelques amis et Armo une soirée à l'université. Le laboratoire d'Astronomie organise tous les mois une conférence publique de vulgarisation d'un thème en Astronomie. Ce fut question de temps et d'espace, avec une vision chronologique de l'univers. Simple et intéressant. Normalement, la conf se termine sur quelques petits gâteaux et une visite des téléscopes sur le toit, qui en temps normal permettent de grossir des choses accessibles à l'oeil nu. Ils sont toutefois bien placés et permettent une jolie vue sur la ville, surtout qu'ils sont très proches de la maison. Il y a aussi une visite d'un planétarium (gonflable) qu'ils ont pour les cours de première année, histoire de motiver les gens à faire de l'astronomie. Oui, cela révèle un sens pédagogique un peu plus sympa que chez nous. Ici les laboratoires se battent pour faire de la pub et attirer des gens, car c'est ce qui justifie leur financement.

On n'a cependant assisté qu'à la conférence car un couple d'amis nous a proposé d'aller à une soirée spéciale, en guestlist...

Une soirée au musée


Direction l'Art Gallery of Ontario (AGO), où exceptionnellement, afin d'inaugurer une exposition de first natives (les indigènes du Canada), A tribe called Red (ATCR) , trio de DJs de l'Ottawa et first nations qui officient dans le trap-electro-hip hop mélangé  des cris d'indiens, se donne en concert. Le trio performe dans le carré central du musée, sorte de hall principal (le musée n'est pas très grand...), une musique variée sur fond de vidéos dédiées aux indiens. Ils font parti d'un mouvement Idle no more, de contestation pour la revendication de l'identité indigène et la préservation de leur culture. Il va de soi que les moyens de relais de cette action sont parfaitement ancrés dans leur époque, et obéissent aux même crédo de la société du spectacle et du libéralisme qu'Act-Up, et qui sait, des indigènes de la républiques...

Une soirée bobo donc, avec pleins de bobos venus en exclusivité faire la fête dans un musée pour le respect de l'identité aborigène.

ADDENDUM :  Voilà une petite vidéo de ce à quoi la soirée pouvait ressembler. :
http://www.youtube.com/watch?v=Q_TsPRBrxUY