dimanche 27 janvier 2013

Toronto et le Canada

By Armo:

Nous vivons sur le seul rond-point de Toronto, voire de tout le Canada. Ici, tout est quadrillé, bien péremptoire (« tu veux dire perpendiculaire ? Non, perpendiculaire c'est quand deux droites se croisent et forment un angle droit ! ^_^). La place de la voiture est proéminente dans ce pays. Les transports en commun sont très chers et mauvais. Il n'y a pas d'infrastructure publique développée. La SNCF et la RATP en viennent à me manquer.

Un bel exemple est le tramway (=streetcar). Il y a un côté très Viennois au XIXe ! Ça a son charme ; sauf quand le caténaire saute. En effet comme dit précedemment, nous vivons sur une sorte de rond point, le streetcar le prend toujours trop vite et le caténaire se décroche des câbles électriques. Le chauffeur sort alors du tram, ouvre le coffre arrière, y extrait un grand manche et replace le caténaire. Dans le tram, tout le monde est stoïque, personne ne râle. Les canadiens sont peaaaace !


Autre exmple quant au tram : lorsque celui ci doit changer de direction à un carrefour, le chauffeur sort sa fourche pour changer manuellement l'embranchement des rails. Le tram passe le croisement, s'arrête en plein milieu des voix et le chauffeur va replacer les rails.

Bien évidemment dans cette logique de la dictature automobile, le tram n'est pas prioritaire et n'a pas toujours une voie réservée. Il est donc tout à fait accepté de payer 120$/mois de « TTC* » pour faire les bouchons dans les transports en commun. Pour revenir à la suprématie de la voiture sur les transports en commun, il faut bien comprendre qu'ici la voiture fait partie du « package » de la vie du Canadien. Le 4x4 est un objet de réussite sociale et accompagne la vie en banlieue chic, posée, labrador (ils sont dingues de chiens ici) et compagnie... Au travail, beaucoup de collègues ne comprennent pas pourquoi je vis en centre ville et passe 3 heures dans les transports en commun tous les jours.Tous me disent :  « get a car and rent a nice house in Mississauga ! », qui est une banlieue « chic » (on n'a pas la même notion du chic que les canadiens) au sd de Toronto. Certaines collègues me demandent comment je fais pour vivre dans Toronto :  « c'est sale ! », « Il n'y a que des fous et des clodos ! ».

En dehors des infrastructures archaïques et de la vénération pour la vie en banlieue, les canadiens sont adorables, accueillants, très gentils. C'est agréable de ne pas entendre râler les gens, de ne plus voir tout le monde faire la gueule dans le métro. Au travail et même dans la vie courante, il est mal vu d'être stressé et/ou pressé.

Passons à l'alimentation canadienne... Comme vous pouvez l'imaginer, le fromage la crème fraiche, le saucisson (rien que d'évoquer ce mot j'en ai les larmes aux yeux), le pain, les viennoiseries et le vin ne font pas partie de la coutume locale. Tout se trouve mais il faut alors casser sa tirelire (à 12$ le camembert ou encore 23$ l'époisse...) Tut a un prix au pays ou tout s'importe et rien ne se produit. Pour un canadien , cuisiner c'est mélanger de l'eau chaude avec un sachet de « je-ne-sais-quoi »**. Au travail, rares sont ceux qui apportent des tuppers « home-made ». A chaque déjeuner on me demande si c'est moi qui ait cuisiné et on me dit que ça sent bon. Mes tupperwares les impressionnent !***. Pourtant nous adoptons une cuisine simple et efficace correspondant à nos besoins et au cours du marché alimentaire. En effet manger sain (=sans OGM, sans une dose de cheval donnée à chaque bête d'hormones et d'antibiotiques) est un réel luxe ici et je pèse mes mots : 8$ le Kilo de pommes bio, 8$ la douzaine d’œufs bio. Je laisse à Adrien le plaisir de vous détailler notre adaptation alimentaire.

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*Toronto Transit Comission. Au début je riais intérieurement quand je voyais ou entandais TTC, groupe de rap français hyper vulgaire.
**Le repas n'a pas du tout la même importance qu'en France. Les gens mangent à des heures irrégulières et pas des repas complets, mais plutôt des chips, du pop-corn, des sandwiches qui parfument tout l'open space de leur odeur subtile et raffinée.
*** Mes collègues se cachent derrière l'excuse du « je n'ai pas le temps de cuisiner ». Je les comprends, en faisant 8h30 – 17h00 + 15 minutes de voiture + 3h de TV, on n'a pas le temps de passer en cuisine...

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