dimanche 14 octobre 2012

Art Crawl 2.0

Hello la compagnie!

Ce week-end fut tranquille! glandouille et boulot dans des cafés. Par contre, vendredi soir, c'était la Art crawl du mois d'Octobre. Et oui bande de moules! il faut sortir un peu, même si la température baisse aussi vite que ma libido en voyant tous ces jambonneaux lipidiques en leggings couleur crotte de mammouth qui déambulent dans les rues d'Hamilton, si poétique et chère à mon cœur d'expatrié dans un bled paumé...

"Mais c'est quoi la Art Crawl?" Cela signifie Art rampant, c'est une hypotypose de la langue anglaise, quand on n'ignore pas que Bar Crawl signifie aller d'un bar à un autre, une sorte de barathon. L'image est évidente : on rampe. Ce que cela donne? Et bien comme je l'ai déjà dit avant, la rue ouvre ses portes, les boutiques surtout, les galeries bien sûr, et les ateliers parfois. On rentre, on découvre, on grignote, on sort, puis on rerentre, etc. Quelquefois, une animation de rue, oui, comme ici un concert sur un toit.

Ah bah oui, c'est pas nouveau, la photo de nuit c'est hardcore. Bon bref, pou descendre à la ArtCrawl, il faut se préparer un peu, fumer, boire des bières, être dans le mood quoi. Car autant vous le dire tout de suite, avec 10°C de moins que le mois dernier et sans le qualificatif de Super Crawl, il y a déjà beaucoup moins de monde. En plus, les galeries montrent un peu près la même chose que le mois dernier..... "Alors pourquoi tu nous en parles?" Tutututu, un peu de respect siouplé, on a eu de très bonnes surprises.

La première c'est celle-ci. Adrien ("putain il est partout ce Adrien qui fait des maths... tu serais pas en train de devenir schizo en fait et t'inventer un ami imaginaire?") me dirige vers Olé (ou Ola, je sais plus très bien), la boulangerie portugaise qui fait des sandwichs. La première fois, j'ai fait bof, c'est un sandwich quoi. Mais là, juste le pain avec une vraie croute, et du jambon sec, même si c'était avec de la Savora (FUUUUUUUU!!!!), en fait c'est ultra kiffant. Voilà : vous savez maintenant à quel niveau de désespoir culinaire j'en suis. Mais surtout ambiance de folie dans la boulangerie.


Rhaaaa!!! Vous avez vu cette vidéo excpetionnelle? Alors plusieurs choses. De un, la musique est extrêmement originale, puisque c'est le même groupe qu'on a entendu à la Scotia Nuit Blanche Toronto 2012 sponsored by WTF. Oui, le même groupe entendu comme de par hasard dans deux villes aussi distantes l'une de l'autre que Paris et Fontainebleau... Deuxio hop! tu l'as vu? Faut être furtif pour voir ce petit vieux qui se dandine sur Sweet dreams... Tertio, le mec qui se donne le plus à fond de balle en mode MAXIMUM OVERDRIVE, c'est quand même le mec en premier plan qui tambourinne sur sa table à n'en plus pouvoir. Voilà vous avez donc compris : je suis touché par le désespoir et le rire est ma dernière parade : c'est n'imp et c'est partout super n'imp...


En fait voilà : on se fait tellement iech dans cette ville trop naze qu'on prend des têtes de mort en photo. DES TÊTES DE MORT!!!! Ouah! Pika!!! Je suis trop hardcore pour vous tous, vous le sentez bien hein, qu'ici ça déconne pas : l'art atteint des sommets de subtilité, on s'attend presque à voir Delanoé et Jack Lang au coin de la rue avec une poutine dans les mains, à se lécher les doigts sensuellement...argh, l'horreur en live. Et là, je suis de mauvaise foi parce que je vais vous dire sincèrement : je les voulais ces masques tête de mort, et on est allé dans leur galerie! (Mais oui! Des masques en carton! Faisons une galerie Rue Saint Germain des Prés, histoire de faire honneur au talent! Mais j'adoooore l'art putain c'est tellement kikoolol et vachement plus entertaining que les livres!). Vous me croyez pas? Vous croyez pas que je rêve de faire sensation en soirée "make social link with your coleagues"? Vous pensez pas que j'ai besoin d'un super costume pour Halloween? Let's put another proof in hand, mister Pikpik:
Voilà, vous le sentez mieux le désespoir? Toujours pas? Vous trouvez pas que ça sent déjà pas assez fort le caca boudin à la savora? Bien..... on va sortir les grosses preuves bidon de la mort! Alors d'abord imaginez un artiste, un vrai, qui aurait lutté toute sa vie contre l'establishment, à coup de grande passion, d'émotion brute de femme, de rejet brutal de la société de consommation. Cet artiste, il ère dans les méandres de son propre esprit, il a besoin de cracher la violence de ses visions hallucinogènes sur le monde pour permettre à l'humanité de grandir, de toucher au divin de s'élever!!!! Bon alors cet artiste, il a une idée depuis des années, il ne sait pas comment la mettre en place : c'est trop puissant, trop hardcore, trop anti-conformiste, et ça bouleverse tellement les yeux que son chat est mort en la voyant... Cette idée, il ose enfin la mettre en place à la Art-Crawl October 2012 de Hamilton City on se fout pas de ta gueule. Cette idée c'est celle ci :

Mais KESKESSéééé!!?? C'est un putain de tableau en mousse noir, avec des petits mots épinglés, des petits mots écrits par... les passants! Mais bien sûr c'est incroyable, je n'en ai pas dormi du week-end!! Pfiou on est tous sur le cul là. Aspiré par la maitrise et la puissance, craintif et admiratif à la fois, je décide de me lancer à corps perdu dans le projet, qui sans aucun doute mérite le prix Nobel des arts (les Nobels, c'est en ce moment, un peu d'attention chers lecteurs). Tous, vous connaissez mon penchant punk qui d'ailleurs transpire entre les lignes de ma thèse et même sous les aisselles. Le punk, c'est mon essence. Bref, voulant être aussi subversif que le tome 18 de Heartland, je décide de poser ma papatte à son chienchien:
Mais putain, c'est quoi le problème??? Pourquoi les gens qu'ils dépriment ici? Serait-ce à cause d'un taux de chômage de plus de 20%? A cause que tous les handicapés du Canada viennent faire des courses de fauteuil roulant à Hamilton? Pourquoi tant de noirceur? Est ce en impressionnisme un message subliminal sur la situation au proche-orient ou sur le déclin du monde occidental?

Bref, c'est bien amplement suffisant, et je vous épargne la vidéo des petits vieux qui font de la country dans la rue en buvant des cafés (sisi je l'ai, je l'ai) : obligé de chanter "oh incontinence, ma vieille amie" pour faire quelques sous. Désabusé, rempli de vide, mou comme un oréo moisi, nous rentrons pour faire honneur à l'humanité et conserver encore quelque espoir. Chacun prend son paquet de copie à corriger, et se met à l'oeuvre. Je me rend bien compte qu'entre le chat qui m'emmerde (j'ai aussi des vidéos mais par respect pour internet, je m'interdis de les diffuser), et la nullité crasse de mes élèves, je décampe à minuit et rentre le dos courbé par tant d'épreuves dans ma modeste demeure...


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire