Salut à tous, j'espère que vous avez passé un bon week-end.
Ce week-end, j'ai décompressé un peu en allant à Toronto. La raison :
la nuit blanche. Version ontarienne de la nuit blanche parisienne, plus grande et plus intense. Que je vous raconte un peu...
Arrivée à Toronto
Avec Adrien (le doctorant en maths), Céline (une française qu'il
héberge), Rebecca (la coloc d'Adrien) et Ariel (je sais pas qui
c'est...), on part en voiture pour Toronto vers 12h30. Juste le temps
d'émerger de notre précédente soirée, café et baegel. Temps de route de
Hamilton à Toronto, pas loin d'une heure, surtout avec les
embouteillages à l'arrivée.. Une grande ville avec des tas de
gratte-ciels, ça a toujours quelque chose d’impressionnant.
Après une heure de dubstep et d'électro (Adrien n'écoute que ça, mais du
très bon), on arrive sur Spadina meets Dundas, en gros le centre et le
quartier chinois. D'abord, arrêt chez Timmy, i.e., Tim Horton. Je vous
en parlerai plus tard, mais Tim Horton est une institution canadienne,
et surtout à Hamilton. Je prends là bas mon premier café "French
Vanilla" depuis que je suis arrivé, et ça, c'est notable! Spéciale
dédicace à Ludo : lepot de "french vanilla" est à $7, file moi ton
adresse zurichoise et je t'en envoie un paquet!
On va dans une boulangerie chinoise. C'est assez amusant : tu prends un
plateau, tu te sers, c'est pas cher, mais c'est pas fantastique. Ok 1
dollars les 3 ban bao, tu prends... En revanche les tartes sucrées à la
viande, c'est pas terrible. Notez qu'il y a aussi des springrolls (des
nems dégueu sucrés). La boulangerie ne désemplie pas.
C'est tout de même ça un des problèmes : la bouffe peut être très chère comme elle peut être à prix rikiki : ici Adrien paie $4 pour qu'on grignote bien à 3 (genre mini repas). Mais c'est gras, salé et sucré, plein de pâte. Bref, c'est pas super sain, et les gens se goinfrent de patisseries asiatiques...
AGO : The Art Gallerie of Ontario
Nous allons au musée! Ben oui, c'est tout de même pas mal de faire le
musée de la ville, le seul qui soit vraiment stylé. C'est effectivement
pas mal, bien designé, propre grand, en plein centre ville... Enfin
grand, c'est pas le Louvre non plus...L'escalier est très beau de dehors, mais aussi de dedans! Il y a très peu de personnes dans le musée. L'entrée est à $20 : argh! Je feinte d'être étudiant et je me prends le pass annuel pour $45 : comme ça on y retournera avec Armonie.
Le musée est assez intéressant, même si c'est très fouilli. On ne note pas de classement historique ou par courant : parfois c'est juste des tableaux d'avant le XXe siècle, et puis une salle ou tu as à la fois la renaissance et l'art sacré gothique, des peintures de croisade avec des scènes mythologiques...
En revanche il y a beaucoup plus d'unité dans les oeuvres canadiennes, avec des artistes de renom (que je ne connais pas) peignant essentiellement des arbres dans un ciel aux couleurs variées (allant du marron clair au marron bleu foncé), ou des scènes de montagnes, de lacs et d'indiens. Les petits panneaux parfois posent des problèmes philosophiques : la subjectivité, le symbolisme, le paradis, avec toujours une petite question à la fin "et vous? qu'en pensez vous?" Je crois que c'est un truc assez nord américain de susciter l'expression d'opinion des gens, même s'ils n'ont rien à dire.
Mais revenons au musée... avec une expo temporaire assez ouf :
Evan Penny. Là pour le coup on était tous sous le choc : des sculptures en silicone et faites à l'imprimante laser de bustes, de dos, et déformés selon une ou deux lignes de perspective. C'était très réel et irréel à la fois, déstabilisant. On n'a pas le droit de prendre des photos, mais tout de même, voici un peu ce que ça donne.
Le resto chinois
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| Céline devant le plat à partager. |
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On se pose dans un resto chinois parmi les 100 meilleurs (USA, Canada,
Australie): il faut savoir que dès qu'ils ont un prix ou une récompense,
les gens sont très fiers et rentabilisent le truc : il y a des flyers
même sous les verres de table... On découvre de succulentes brochettes
d'agneau épicé, et on se fait un plat géant de nouilles sautées au
poulet (très épicé). Il n'y a que des chinois ici, c'est bon signe, sauf
pour Peter (un ami d'Adrien arrivé en cours de route) qui ne s'aventure
pas dans la bouffe.
Je craque pour une cigarette après un tel repas! Et ensuite, nous voilà parti pour la nuit blanche de Toronto : il doit être 7 ou 8 heures.
Nuit blanche à Toronto
On commence par des trucs chelou et inutiles qui méritent peu de
commentaires : des installations audio vidéo avec de la flotte, des
trucs sponsorisés par des marques de tout, des trucs vaguement
artistiques.
Ensuite on s'approche du City Hall, un très grand espace pour la capitale canadienne, avec une grande place bourrée de monde, et un musée improvisé dans le parking. On arrive à faire la première étape, minuscule, mais ensuite en voyant la queue on abandonne le musée principal. Il reste de cette étape une étoile noire (mais blanche) faite d'objets électroniques divers.

Il y a beaucoup de monde dans le centre ville, c'est totalement blindé! Et ce qui est étonnant, c'est que ça va continuer à être comme ça jusqu'à 3ou 4 heures du mat. Les gens profitent de la douceur de la nuit qui va se faire rare prochainement.
Encore une photo de nuit : un puzzle géant. La photo de nuit devient compliqué quand ça bouge et c'est tout noir, alors désolé du résultat pas génial.

Alors ça c'est une installation de rue avec des space invaders
clignotants. C'est comme partout dans le monde, c'est sympa, mais on a
du mal à penser que l'art demande toujours autant de talent
qu'auparavant. ça manque de travail, d'unicité, d'un vrai choc. C'est
pas du tout subversif, c'est vaguement divertissant, et ça ne signifie
rien globalement....
Je sais pas si je l'ai déjà fait remarquer, mais il y a beaucoup de personnes qui aiment être visibles, voyant et je crois un peu célèbre. On a bien sûr nos énergumènes à Paris, mais j'ai l'impression qu'ici il y en a plus. Les gens n'ont pas beaucoup honte et je crois que la célébrité est recherchée en soi par pas mal de monde. Ce bonhomme va se promener partout où il trouvera un peu de monde pour le remarquer...
Après ce mec, on décide de faire la queue pour le museum of the end of the world, dans le pariking du city hall, même si on doit faire la queue. Et c'est assez cool, j'ai essayé de faire plein de photos, mais ma batterie m'a laché (problème récurrent chez Canon il parait). Voilà donc ce que donne un musée dans un parking sur le thème de 2012 fin du monde...
Bon et attendez c'est pas terminé!
End of line
On retourne sur Spadina, un peu fatigué, il est presque 3h du mat quand nous rentrons dans un resto chinois déjà essayé: le gold stone, qui fait des BBQ : canard ou oie laqué, poulet grillé ,etc... On mange avidement avec les doigts. On reprend la voiture vers 3h40,on est en route, et puis tout d'un coup... Céline se trompe de route, et prend
un pont qui contourne Hamilton.
On est crevé, complètement paumé, et c'est totalement futuriste de voir les cheminées d'usine flambant au loin avec une musique électro entre Daft Punk et Kazinsky. On se pose finalement proche d'une plage pour boire quelques gorgées de rhum, avant de repartir et d'aller se coucher....
Finalement, c'est presque ce dernier passage le plus marquant de la soirée : la pollution lumineuse et le ciel qui s’éclaircit sur le lac géant, sous une pluie fine, isolée, perdue, à quelques pas d'un enfer industriel....