lundi 29 octobre 2012

Prochainement sur votre blog préféré

Bientôt mesdames et messieurs, nous allons faire une expérience américaine unique, dont voici un petit trailer... attention :  EXPLICIT CONTENT

Le farmer's market

Même si je ne reste pas longtemps à Hamilton, parce qu'avec Armo on va s'installer à Toronto, j'ai quand même bien apprécié le farmer's market pour faire ses courses à prix plus raisonnable, en cherchant les bonnes promos, les affaires. Et puis c'est sympa. C'est quoi le farmer's market? C'est un marché couvert, et comme ça fait bobo authentique par rapport à Walmart, il faut souligner que les producteurs viennent vendre leurs produits ici, juste que c'est quelqu'un qui le fait pour eux la plupart du temps...
Sans déconner c'est chouette, le week end, d'aller trouver de la charcuterie (chorizo, bacon), du bon fromage (oui ils ont une très bonne mozzarella, et un bleu d'enfer, qui l’eut cru!?), de l'huile d'olive fraiche, des œufs giga-énormes, des tomates de toute sorte, des citrouiles bien évidemment, du pain gluten-free, parce qu'ici une personne sur 10 doit être allergique au gluten (fait à soumettre aux évolutionistes et biologistes), du poisson pas trop cher, de la viande bon marché, des pâtisseries, du chocolat....

C'est très chouette, mais surtout la différence avec la france, c'est que les tomates ici, elles sont en mode MAXIMUM OVERDRIVE : elles sont alignées sur un tapis synthétique vert comme une équipe de football américain, elles sont énormes, elles sont HYDROPONIQUES et elles ont un SUPER FLAVOUR... et c'est fait maison messieurs dames! Même l'image déborde, rhaaaaa!!!!

Les traductions et les pubs

Vous savez tous, bande de publivores, que la pub, le slogan, c'est un truc d'américain. Pas juste parce qu'ils ont réellement inventé la pub suite à cet enfoiré d'Edward Bernays et des mad men, mais parce que la langue anglaise permet concision et efficacité, drôlerie en trois mots, et nouveaux mots faciles. Bref c'est idéal pour le packaging.

Sauf que le canada a officiellement deux langues : l'anglais et le français! Et qu'ils traduisent beaucoup, et surtout sur les emballages. Cela donne donc des descriptions débiles avec des mots chelous, ce qui est complètement ridicule. Mais bon c'est assez drôle.

On s'arrête aprs les trois premières phrases, parce que déjà il faut comprendre que les croustilles, ce sont des chips, mais comme le mot chips en français ressemble trop au mot chips en anglais, c'est à dire chips, et bien on change. La trempette n'est pas un liquide pour fondre des dessins animé, c'est une sauce, c'est le "dip". Ici c'est salsa mexicano-du sud avec du piment, ou alfredo-d'italie blanche avec des champignons.
Oh! me direz vous. Mais qu'est ce qu'une grignotine? Je vous le donne en mille : c'est un "snack". Je ne sais pas pourquoi on utilise encas en France, mais grignotine ça pète du slip dans ton cartable pour la récré...

Bon ok, je rigole, mais on fait pareil chez nous, c'est juste une question de vocabulaire, il n'y a aucune raison de se moquer! Vous croyez? Voilà ce qu'on trouve sur les pizzas:

Attendez je ne lis pas bien.. ya écrit quoi? "Aucun ingrédient imprononçable"... Oui...
Et là comme moi vous devez vous dire... Mais WTF c'est quoi leur problème dans ce pays?????? Mon hypothèse est qu'ils veulent juste être drôles. Et ça marche. Un temps.

Les maisons sur Aberdeen

Il y a deux semaines, j'ai laissé mon vélo sur le bus. Oui, sur le bus. Ils ont un super système à l'avant du bus pour accrocher deux vélos si bien qu'ici on ne se fait pas aplatir par un bus, on se fait empaler, mais c'est une autre histoire. Bref, j'ai perdu mon vélo et Adrien me dit "T'inquiètes pas on va les appeler tu vas le récupérer". J'ai mis une semaine à le récupérer, à perpète-les-oies chez les congénitaux et la roue avant était crevée... bref! Je prends un nouveau chemin pour rentrer, à pied, chez les Lankesters, mon vélo à la main et la pluie sur la tête. Et je passe par Aberdeen.

Aberdeen c'est une rue avec des gigantesques maisons, des jardins florissant même en automne. Et il faut l'avouer, les maisons ici elles ont de la gueule. Je sais pas comment c'est à l'intérieur, mais de dehors, ça vaut le coup, chacun construit comme il veut, très grand, sur trois étages, selon son goût. C'est souvent plein de parquet, de petits vitraux, de colombages, de toits de chaume, de terrasses intérieures (oui, c'est comment dire, une terrasse sur l'intérieur de la maison presque), des tours de chateau... C'est le genre de maison à la "maman j'ai raté l'avion", énorme pour grande famille. Voyez plutôt : 


Les écureuils

Ici les écureuils, c'est comme les pigeons à Paris. Quand t'es étranger tu trouves que ça fait le charme du coin, mais les locaux ça leur casse littéralement les noix. Un petit diapo des écureuils, à regarder jusqu'au bout.

Halloween

Salut à tous!

Et oui, après 15 jours de silence radio, il faut un ouragan qui s'appelle Sandy pour me coincer dans a petite chambre et me dire qu'il faudrait continuer ce blog avant que le feu ne s'éteigne. Et là on a un gros sujet pour vous : Halloween.

Attention, Halloween ce n'est pas encore passé, et peu de chance que je vois beaucoup de gamins déguisés  quêter pour des sucreries. Ce billet n'est donc pas un billet sur le Halloween classique. Quoique, petite illustration.

Halloween dans la rue.


Dans le quartier résidentiel où je vis, les maisons ont toutes un jardin avec des écureuils qui y piquent des trucs. Bien 2 ou 3 semaines avant Halloween, les gens arborent dans leurs jardins des décorations spéciales, qui donnent un air étrange à mes retours de fac quand il fait nuit (et de plus en plus tôt, c'est quoi ce bordel...).


La boutique Halloween.


Ici Halloween c'est super important comme vous pouvez l'imaginer. On ne rigole pas avec ça, et gare à vous si vous ne venez pas déguisé à une soirée d'Halloween. Anyway, il nous fallait des éléments de costume. J'avais décidé d'utiliser mon gilet de costume avec la chemise à col droit, et de trouver un masque vénitien, et une canne, histoire d'être costumé ET classe ET confortable. Et donc, à Burlington, nous avons trouvé une boutique d'halloween, et là vous comprenez mieux ce qu'est Halloween pour les gens ici : la preuve en image.



Et la preuve en vidéo :



La soirée d'Hallloween.


Je trouve mon élément de costume (un masque rouge) que je complète le samedi par une paire de gants achetée samedi au dollarstore. Entre parenthèse, savez vous ce qu'est dollarstore? Vous imaginez sans doute un "tout à dix balles ou je remballe", un paka aux objets en toc à 1,50€. C'est ça, sauf que c'est plus grand, que ça fait bouffe et boisson et vaisselle et jouets et tout, et qu'il y a beaucoup de monde... La grande classe quoi. J'y ferai bien un autre reportage photo pour vous montrer. Mais revenons à nos moutons.

 La soirée se passe chez Adrien qui estime à beaucoup trop le nombre de participants (la faute à fesse de bouc), deux DJs, obligation de costume, de l'électro too much, des fumeurs de joins de pur de beuh, des drogués de toute sorte, une déco avec juste une lampe comme chez Jnef qui change de couleur, un chat qui se ballade, une petite communauté de français (Céline et son copain qui vient d'arriver, Matthieu, puis Olivier et Laetitia qui travaillent avec Céline, Adrien et moi), des pizzas surgelées, des tourtes aux 3 viandes surgelées (hardcore experience), des gens qui ramènent leur propre alcool et ne boivent que leur propre alcool (fais gaffe à pas leur prendre un truc ils seraient venères), des filles beurées qui dorment dans un coin, des gens qui viennent puis qui s'en vont après 30 minutes, des inconnues qu'on sait pas qui les connait, des bières sous le canapé (que j'ai pété en m'asseyant, un grand classique). Bref, une bonne soirée.



dimanche 14 octobre 2012

Art Crawl 2.0

Hello la compagnie!

Ce week-end fut tranquille! glandouille et boulot dans des cafés. Par contre, vendredi soir, c'était la Art crawl du mois d'Octobre. Et oui bande de moules! il faut sortir un peu, même si la température baisse aussi vite que ma libido en voyant tous ces jambonneaux lipidiques en leggings couleur crotte de mammouth qui déambulent dans les rues d'Hamilton, si poétique et chère à mon cœur d'expatrié dans un bled paumé...

"Mais c'est quoi la Art Crawl?" Cela signifie Art rampant, c'est une hypotypose de la langue anglaise, quand on n'ignore pas que Bar Crawl signifie aller d'un bar à un autre, une sorte de barathon. L'image est évidente : on rampe. Ce que cela donne? Et bien comme je l'ai déjà dit avant, la rue ouvre ses portes, les boutiques surtout, les galeries bien sûr, et les ateliers parfois. On rentre, on découvre, on grignote, on sort, puis on rerentre, etc. Quelquefois, une animation de rue, oui, comme ici un concert sur un toit.

Ah bah oui, c'est pas nouveau, la photo de nuit c'est hardcore. Bon bref, pou descendre à la ArtCrawl, il faut se préparer un peu, fumer, boire des bières, être dans le mood quoi. Car autant vous le dire tout de suite, avec 10°C de moins que le mois dernier et sans le qualificatif de Super Crawl, il y a déjà beaucoup moins de monde. En plus, les galeries montrent un peu près la même chose que le mois dernier..... "Alors pourquoi tu nous en parles?" Tutututu, un peu de respect siouplé, on a eu de très bonnes surprises.

La première c'est celle-ci. Adrien ("putain il est partout ce Adrien qui fait des maths... tu serais pas en train de devenir schizo en fait et t'inventer un ami imaginaire?") me dirige vers Olé (ou Ola, je sais plus très bien), la boulangerie portugaise qui fait des sandwichs. La première fois, j'ai fait bof, c'est un sandwich quoi. Mais là, juste le pain avec une vraie croute, et du jambon sec, même si c'était avec de la Savora (FUUUUUUUU!!!!), en fait c'est ultra kiffant. Voilà : vous savez maintenant à quel niveau de désespoir culinaire j'en suis. Mais surtout ambiance de folie dans la boulangerie.


Rhaaaa!!! Vous avez vu cette vidéo excpetionnelle? Alors plusieurs choses. De un, la musique est extrêmement originale, puisque c'est le même groupe qu'on a entendu à la Scotia Nuit Blanche Toronto 2012 sponsored by WTF. Oui, le même groupe entendu comme de par hasard dans deux villes aussi distantes l'une de l'autre que Paris et Fontainebleau... Deuxio hop! tu l'as vu? Faut être furtif pour voir ce petit vieux qui se dandine sur Sweet dreams... Tertio, le mec qui se donne le plus à fond de balle en mode MAXIMUM OVERDRIVE, c'est quand même le mec en premier plan qui tambourinne sur sa table à n'en plus pouvoir. Voilà vous avez donc compris : je suis touché par le désespoir et le rire est ma dernière parade : c'est n'imp et c'est partout super n'imp...


En fait voilà : on se fait tellement iech dans cette ville trop naze qu'on prend des têtes de mort en photo. DES TÊTES DE MORT!!!! Ouah! Pika!!! Je suis trop hardcore pour vous tous, vous le sentez bien hein, qu'ici ça déconne pas : l'art atteint des sommets de subtilité, on s'attend presque à voir Delanoé et Jack Lang au coin de la rue avec une poutine dans les mains, à se lécher les doigts sensuellement...argh, l'horreur en live. Et là, je suis de mauvaise foi parce que je vais vous dire sincèrement : je les voulais ces masques tête de mort, et on est allé dans leur galerie! (Mais oui! Des masques en carton! Faisons une galerie Rue Saint Germain des Prés, histoire de faire honneur au talent! Mais j'adoooore l'art putain c'est tellement kikoolol et vachement plus entertaining que les livres!). Vous me croyez pas? Vous croyez pas que je rêve de faire sensation en soirée "make social link with your coleagues"? Vous pensez pas que j'ai besoin d'un super costume pour Halloween? Let's put another proof in hand, mister Pikpik:
Voilà, vous le sentez mieux le désespoir? Toujours pas? Vous trouvez pas que ça sent déjà pas assez fort le caca boudin à la savora? Bien..... on va sortir les grosses preuves bidon de la mort! Alors d'abord imaginez un artiste, un vrai, qui aurait lutté toute sa vie contre l'establishment, à coup de grande passion, d'émotion brute de femme, de rejet brutal de la société de consommation. Cet artiste, il ère dans les méandres de son propre esprit, il a besoin de cracher la violence de ses visions hallucinogènes sur le monde pour permettre à l'humanité de grandir, de toucher au divin de s'élever!!!! Bon alors cet artiste, il a une idée depuis des années, il ne sait pas comment la mettre en place : c'est trop puissant, trop hardcore, trop anti-conformiste, et ça bouleverse tellement les yeux que son chat est mort en la voyant... Cette idée, il ose enfin la mettre en place à la Art-Crawl October 2012 de Hamilton City on se fout pas de ta gueule. Cette idée c'est celle ci :

Mais KESKESSéééé!!?? C'est un putain de tableau en mousse noir, avec des petits mots épinglés, des petits mots écrits par... les passants! Mais bien sûr c'est incroyable, je n'en ai pas dormi du week-end!! Pfiou on est tous sur le cul là. Aspiré par la maitrise et la puissance, craintif et admiratif à la fois, je décide de me lancer à corps perdu dans le projet, qui sans aucun doute mérite le prix Nobel des arts (les Nobels, c'est en ce moment, un peu d'attention chers lecteurs). Tous, vous connaissez mon penchant punk qui d'ailleurs transpire entre les lignes de ma thèse et même sous les aisselles. Le punk, c'est mon essence. Bref, voulant être aussi subversif que le tome 18 de Heartland, je décide de poser ma papatte à son chienchien:
Mais putain, c'est quoi le problème??? Pourquoi les gens qu'ils dépriment ici? Serait-ce à cause d'un taux de chômage de plus de 20%? A cause que tous les handicapés du Canada viennent faire des courses de fauteuil roulant à Hamilton? Pourquoi tant de noirceur? Est ce en impressionnisme un message subliminal sur la situation au proche-orient ou sur le déclin du monde occidental?

Bref, c'est bien amplement suffisant, et je vous épargne la vidéo des petits vieux qui font de la country dans la rue en buvant des cafés (sisi je l'ai, je l'ai) : obligé de chanter "oh incontinence, ma vieille amie" pour faire quelques sous. Désabusé, rempli de vide, mou comme un oréo moisi, nous rentrons pour faire honneur à l'humanité et conserver encore quelque espoir. Chacun prend son paquet de copie à corriger, et se met à l'oeuvre. Je me rend bien compte qu'entre le chat qui m'emmerde (j'ai aussi des vidéos mais par respect pour internet, je m'interdis de les diffuser), et la nullité crasse de mes élèves, je décampe à minuit et rentre le dos courbé par tant d'épreuves dans ma modeste demeure...