dimanche 27 janvier 2013

Les p'tits cuistots !

Le grand mal du français au Canada, c'est la bouffe, et c'est pas la première fois qu'on le dit. Mais rien n'est désespéré ! Car une fois pris nos repères, et en ayant une cuisine suffisamment équipée, on peut faire des miracles et avec Armonie, on est devenu un peu un couple de cuistots. Il faut nous comprendre ! D'abord on n'a pas accès à tout comme l'a dit Armo, et il faut essayer de reconstruire cette sensation de plaisir domestique de notre enfance, les joies du repas dominical si simple et si bon, les choses si aisément accessibles là bas sont à reconstruire ici. Ensuite il fait froid ! Et le froid ça creuse. Enfin, ça nous permet d'économiser, quoi que sur cette question là, les choses sont moins triviales qu'en France. Figurez vous que j'ai trouvé une boutique viet qui fait des banh mi à 2,50$, ok ce sont des sandwichs pas de quoi péter un câble, mais aussi des plats viet simples entre 3 et 4,50$ : juste des nouilles sautées avec du patté de porc, un peu de coriandre, du nuoc mam, et des cacahuètes, ou du riz gluant avec des côtes de porc. Tout ça c'est à réchauffer chez soi, et je pense que Papa serait nostalgique de son enfance avec cette cuisine simple et authentiquement du Vietnam, pour un prix qui défie toute concurrence, même la notre.

Et pourtant quelle concurrence ! Je sais pas si Morgan ou Pied se souviennent, ou Jnef, mais une fois j'avais comme un con osé dire que je savais faire les nems (au collège ou au lycée) et toute cette classe de racistes s'est dit « oh le petit chinois va cuisiner pur nous ! ». Chose que je n'ai pas faite, car les jaunes sont fourbes. Aujourd'hui, j'ai tenu ma parole, je me suis acquitté de mes devoirs. Bim, 50 cha gio, pour les potaux. On a fait figure d'hôtes parfaits.


Mais c'est pas fini vous croyez qu'on rigole nous ? Alors on vous montre qu'on ne meure pas de faim, ça vous évitera de nous envoyer des colis qui puent la mort pour le facteur (enfin si, faites le, mais sous vide siouplé, parce que le bleu qui est resté chez FedEx ou à la douane une semaine, ben ça sent fort sur le paquet de pimousses qui l'accompagne...). Ici, c'est Poule-au-pot, risotto à la japonaise (il suffit de remplacer tout ingrédient du risotto par le même mais venant du Japon ! Riz rond à sushi, saké contre le vin blanc, champignons shitake, huile de sésame), Tofu frit aux noix de cajou,...



Et puis le week end, on fait des brunchs ! Ouais c'est vraiment bobo, ici le brunch c'est une institution (sauf qu'ils savent pas les canadiens que t'es pas obligé de sortir et que tu peux le faire chez toi) . Le meilleur c'est encore les œufs Benny de chez Sage : des œufs pochés avec une sauce à l'estragon sur du saumon fumé et une tartine au beurre. Mais on s'y met aussi avec l’œuf coque, les épinards béchamel, etc.


Et puis si c'est pas le week end, et ben les restos sont quand même à côté ! On se lâche pas trop pour économiser pour notre futur paradis sur Terre, et qu'il n'y a pas de petite économie. Mais il y a des viets et des chinois tout autour alors un petit pho, un banh xeo, ou le must c'est le canard laqué à 3h du mat : on ne se laisse pas mourir de faim !

La large pizza du Cafe diplomatico, dans little Italy!

Toronto et le Canada

By Armo:

Nous vivons sur le seul rond-point de Toronto, voire de tout le Canada. Ici, tout est quadrillé, bien péremptoire (« tu veux dire perpendiculaire ? Non, perpendiculaire c'est quand deux droites se croisent et forment un angle droit ! ^_^). La place de la voiture est proéminente dans ce pays. Les transports en commun sont très chers et mauvais. Il n'y a pas d'infrastructure publique développée. La SNCF et la RATP en viennent à me manquer.

Un bel exemple est le tramway (=streetcar). Il y a un côté très Viennois au XIXe ! Ça a son charme ; sauf quand le caténaire saute. En effet comme dit précedemment, nous vivons sur une sorte de rond point, le streetcar le prend toujours trop vite et le caténaire se décroche des câbles électriques. Le chauffeur sort alors du tram, ouvre le coffre arrière, y extrait un grand manche et replace le caténaire. Dans le tram, tout le monde est stoïque, personne ne râle. Les canadiens sont peaaaace !


Autre exmple quant au tram : lorsque celui ci doit changer de direction à un carrefour, le chauffeur sort sa fourche pour changer manuellement l'embranchement des rails. Le tram passe le croisement, s'arrête en plein milieu des voix et le chauffeur va replacer les rails.

Bien évidemment dans cette logique de la dictature automobile, le tram n'est pas prioritaire et n'a pas toujours une voie réservée. Il est donc tout à fait accepté de payer 120$/mois de « TTC* » pour faire les bouchons dans les transports en commun. Pour revenir à la suprématie de la voiture sur les transports en commun, il faut bien comprendre qu'ici la voiture fait partie du « package » de la vie du Canadien. Le 4x4 est un objet de réussite sociale et accompagne la vie en banlieue chic, posée, labrador (ils sont dingues de chiens ici) et compagnie... Au travail, beaucoup de collègues ne comprennent pas pourquoi je vis en centre ville et passe 3 heures dans les transports en commun tous les jours.Tous me disent :  « get a car and rent a nice house in Mississauga ! », qui est une banlieue « chic » (on n'a pas la même notion du chic que les canadiens) au sd de Toronto. Certaines collègues me demandent comment je fais pour vivre dans Toronto :  « c'est sale ! », « Il n'y a que des fous et des clodos ! ».

En dehors des infrastructures archaïques et de la vénération pour la vie en banlieue, les canadiens sont adorables, accueillants, très gentils. C'est agréable de ne pas entendre râler les gens, de ne plus voir tout le monde faire la gueule dans le métro. Au travail et même dans la vie courante, il est mal vu d'être stressé et/ou pressé.

Passons à l'alimentation canadienne... Comme vous pouvez l'imaginer, le fromage la crème fraiche, le saucisson (rien que d'évoquer ce mot j'en ai les larmes aux yeux), le pain, les viennoiseries et le vin ne font pas partie de la coutume locale. Tout se trouve mais il faut alors casser sa tirelire (à 12$ le camembert ou encore 23$ l'époisse...) Tut a un prix au pays ou tout s'importe et rien ne se produit. Pour un canadien , cuisiner c'est mélanger de l'eau chaude avec un sachet de « je-ne-sais-quoi »**. Au travail, rares sont ceux qui apportent des tuppers « home-made ». A chaque déjeuner on me demande si c'est moi qui ait cuisiné et on me dit que ça sent bon. Mes tupperwares les impressionnent !***. Pourtant nous adoptons une cuisine simple et efficace correspondant à nos besoins et au cours du marché alimentaire. En effet manger sain (=sans OGM, sans une dose de cheval donnée à chaque bête d'hormones et d'antibiotiques) est un réel luxe ici et je pèse mes mots : 8$ le Kilo de pommes bio, 8$ la douzaine d’œufs bio. Je laisse à Adrien le plaisir de vous détailler notre adaptation alimentaire.

-------------
*Toronto Transit Comission. Au début je riais intérieurement quand je voyais ou entandais TTC, groupe de rap français hyper vulgaire.
**Le repas n'a pas du tout la même importance qu'en France. Les gens mangent à des heures irrégulières et pas des repas complets, mais plutôt des chips, du pop-corn, des sandwiches qui parfument tout l'open space de leur odeur subtile et raffinée.
*** Mes collègues se cachent derrière l'excuse du « je n'ai pas le temps de cuisiner ». Je les comprends, en faisant 8h30 – 17h00 + 15 minutes de voiture + 3h de TV, on n'a pas le temps de passer en cuisine...

New York 2 : new yorkers

Les gens!

On a ben squatté 11 jours à New York, mais pas au Hilton ou au Palace. On était chez Andrew, si habite dans Bushwick, un quartier un peu latino dans Brooklyn. Andrew c'est au départ un pote d'enfance d'Andreï, et un super pote depuis qu'on le fait venir en France pour les vacances. Il a accueilli Archange 6 mois avant l'Irlande. Et nous a accueilli dans son nouvel appart en coloc, dans son salon.

  • Andrew, c'est un américain avec un background de russe. Adepte de la théorie du complot, de la pétanque et du sud de la France, il déteste les bobos et boit du whisky et des energy shots. Il se lève tard (mais nous aussi remarque...), tolère un bordel certain, et regarde des séries canadiennes sur Netfix. Il est musicos pour enfants (Poly Roly Guacamole) et ça marche du Tonnerre : il chante le mardi matin, après la gym suédoise, pour les petits nenfants dans une boutique d'éveil des jeunes enfants. Andrew a.k.a Tuzh aime Brooklyn, y vit depuis des années et connaît les bars ouvert toute la nuit, avec des bières pas chères. C'est évidemment notre grand pote, et on lui a fait des petits plats toutes les vacances. Andrew, if you read this, come to Toronto, here is Bobo-land, you will love it !


  • Andrew a deux colocs : Solange, qui est parfois un peu toute timide et qui nous a fait de charmantes chaussettes de Noël sur le mur, et Gardiner qui est... qui est... Ok Solanges est super sympa et tout, passons. Gardiner. D'abord il s'appelle Gardiner Bacon. Ensuite il a une façon de s'exprimer toute bizarre avec un sourire colgate et les sourcils en accent circonflexe. Et surtout, Gardiner du haut de ses 23 ans a déjà été candidat à la mairie de son bled (400 000 habitants quand même). Avec sa jolie gueule, Gardiner ne comprend pas pourquoi les new yorkaises ne le regardent pas. Et même si sa chérie vit loin à l'université, Gardiner aime séduire, et cherche désespérément l'amour, chez les femmes, chez les hommes. Gardiner, il regarde Desperate Housewive en continu (alors que Gossip Girl c'est bien mieux). Gardiner, c'est du décalage. Quand on va dans un bar brésilien tendance de Brooklyn, Gardiner s'apprête comme pour la dico-mobile : il a des chemises à paillette et des bottes de cowboy. Gardiner aime faire la cuisine, alors il achète de la poudre à gateau et fait du ginger bread pour ses amis. Gardiner nous a fait rire.


  • Andrew a un bon pote qui s'appelle Carlito. Carlito, il est beau gosse, dixit Armo. il a des belles bottes.
  • S'il y a bien deux protagonistes de notre voyage à ne pas oublier, c'est Ronnie et Pancake. Alors n'en parlez pas à Armonie, qui se mettra à chialer de nostalgie à l'évocation de deux chats complètement shootés qui dorment le jour et évidemment s'amusent sur notre lit la nuit. Des chats qui regardent la ville qui ne dort jamais par une fenêtre donnant sur un bidon-jardin.


  • A New York, on a vu Caro ! Avec Caro et Armo, j'ai a-ssu-ré en choisissant le petit bar sympa pour se chauffer, le resto musique qui propose des cailles grillées et du haddock fumé, puis le bar lounge pour se finir avec le combo cannette de bière + shoot de whisky à 5$. Williamsburg : ça a l'air super glauque la nuit ce côté désaffecté, mais c'est envahi de jeunes hipsters toute la soirée.


  • Vénia a été notre compagnon du dernier jour avec Andrew, et j'espère qu'on se retrouvera, bientôt ou dans quelques années, quand il viendra nous voir dans notre moulin avec son sourire d'homme sage (Armo passe une annonce : copines célibataires, ruez vous sur cet homme brillant, beau gosse, tendre et super sympa).

New York 1 : en marchant

Back on the blog! 

 

De retour sur le blog après une grosse période d'arrêt. C'est le festival, toute cette pression... Non plus sérieusement depuis l'arrivée d'Armonie, nous ne perdons pas une seule minute et rattrapons les trois mois de séparation. Mais nous avons fait beaucoup de choses et nous allons vous les raconter. Et bien sûr, il faut commencer par New York, chers upper-east-siders. Et on va vous faire un petit topo sur nos randonnées sur l'Ile de Manhattan parce que pour ceux qui sont pas au courant, on a quand même fait « ze trip for Xmas », à savoir Noyel et jour de l'an comme des vers, dans la grosse pomme qui ne dort jamais. L'idée était aussi de faire une bonne pause avant de reprendre le taff, et pour Armonie de faire tamponner un visa de travail qu'elle aurait du recevoir à cette période là. Autant vous le dire cash pistache, ça a totalement foiré mais on s'en est sorti. En passant, les douaniers sont des gens très sympas. Bon et on commence par nos petites virées ! Et pour faire court (CTB), un petit diapo photo. Même trois, parce que c'est tellement mieux en triple. 

St Lawrence Market à Toronto : le bri est triple crème... LIGHSPEED OVERLOAD!

 Les incontournables du touriste

 

A cette époque bien fraîche, New York accueille les touristes du monde entier, notamment du 8e, 9e, 11e, 12e, 15e et 16e arrondissement. Les français à tous les coin de rue tentent de sauver l'économie américaine en se ruant dans des boutiques de fringue gigantesques et assourdissantes. Mais c'est encore sur les sites incontournables de Manhattan qu'on trouve le plus de chalands du pays de Molière : Central Park, Broadway et Times Square. Ce qu'il faut retenir de ces endroits, c'est je pense l'énorme proximité, le sentiment de déjà-vu, cette sensation d'y avoir déjà déambulé tout en ayant un regard de touriste rimmelé à l'ignorance crasse. 


Qui ne connaît pas Time Square (Yataiiiii!!!!) ou Grand Central (la gare des amoureux). Il faut dans New York déambuler, marcher. Et beaucoup. L'Ile de Manhattan est bien plus grande que Paris, et faire Park Avenue, Broadway de long en large, c'est l'après midi de marche. Les rues sont ce qu'on connaît de mieux à NYC : nous sommes bien passé 5 fois à Union Square et la 14e str. Ou la 5ème avenue. On a malheureusement raté certains sites incontournables : Liberty Island et sa statue, nous sommes passé à côté du chantier du 9.11, nous ne sommes pas monté dans l'Empire State Building ou le Rockefellar, et on n'a pas osé la patinoire à Central Park, ni pu faire une soirée Vip-chic-pintade. Ce sera pour une prochaine fois !

L'art et la culture

 

New York c'est aussi une ville de culture, et à défaut d'être allé à l'opéra, on est allé quand même là :
  • le museum of natural history, pour les dinosaures, la baleine géante, même si c'est quand même vite fait les animaux empaillés. C'est gratuit à partir de 18h. 
  • Les marches devant le Metropolitan museum of art pour prendre son petit casse-croute (non je mens je vis pas dans une série, c'était trop bourré de monde). 
  • Le MOMA, avec première tentative avortée en voyant les prix (25$, ils se mouchent pas du coude...) et deuxième tentative en gratuit, blindé de chez blindé mais bon, on l'a fait et je vous avouerai que j'en suis sorti définitivement convaincu que l'art se consomme ici, en mode « j'ai pas vu mais j'ai pris une photo », « viens on va à la boutique acheter le parapluie cri de Munch », « c'est un Picasso vas y prend moi avec »... L'art n'est pas accessible, il est achetable. Je passe aussi le laïus sur la branlette pseudo-réfléchie que c'est censé parfois représenter.
  • Notre hôte nous a emmené dans quelques bars avec musique et c'est vrai qu'il y a un dynamisme intéressant, une scène sympa qui n'a pas trop la touche country horripilante.

Brooklyn 

 

Brooklyn est l'autre île de New York. Plus populaire, elle devient évidemment plus bobo. Il faut voir les quartiers de DUMBO ou la 5ème avenue (pas la même) et le quartier de Park Slope : de vrais 18e, avec mamans et poussettes se bousculant de boutique vintage à boulangerie bio, de librairie d'art à café branché. J'ai beaucoup aimé, normal je suis bobo. Disons que loin du spectacle d'une éviction sauvage des classes populaires, l'image d'un Brooklyn calme et propre donne l'impression qu'on peut y vivre sans y être né, comme une sorte de touriste de long terme. Attali serait ravi. Williamsburg transforme des anciennes usines en lofts. Prospect Park reste toujours plus authentique que central Park.


Conclusion 

Question visite, on s'est bien gavé et on le conseille à tous. New York offre encore tant de choses à découvrir, et même s'il a fait bien froid, ça a été des vacances de Noël complètement dingues. Je crois que faire New York une bonne semaine en famille peut être le truc le plus cool de la Terre. Je pense aussi qu'on y reviendra plusieurs fois, et essayer d'y aller plutôt avec l'approche week end détente. Impossible de tout y faire, alors autant y faire juste un truc typiquement new-yorkais. C'est d'ailleurs le bonus de ce post, Vénia (et oui ! Notre grand Vénia qu'Armonie a trouvé hyper sexy) nous a proposé d'essayer des bains russes & suédois : un hamam en plus hardcore, avec des tatoués aux gueules de taulards de l'est. Mais qui est Vénia ? Qui est notre hôte ? 
Who are they? This is a quetion I will never tell! Or maybe see you next post, chers bloggueurs. 

X.O.X.O, Gossip Girl.